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 Que de l’inattendu ... [pv Shain, YAOI]

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Shiki Elzevir
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MessageSujet: Que de l’inattendu ... [pv Shain, YAOI]   Dim 8 Jan - 14:27

[suite de : http://akatsuki-no-ryoiki.forumactif.com/t40-coup-de-foudre-pv-shiki]

Lunerie mielleuse, oh tendre absence. Ses prunelles esseulées se captivaient, interdites, de son hôte abordé dans la chevauchée du zénith. Il peinait à retrouver son eurythmie, obviant maladroitement à son manque de bienséance ... Poitrine tantôt fragile et creusée, son indécence le faisait s'achopper, bombant à nouveaux ses os d'ivoires sous ses draperies déjetées. Il n'osait plus bouger, se contenant d'exhaler sans moindre pudeur ses souffles chauds qui statufiaient ses lèvres. La paume avachie sur l'avant-bras du conseiller, il se sentit s'aveulir davantage tandis qu'une main aux fibres d'aurore se perdit dans son humide chevelure. L'onctuosité de ce bien-être plainait sur sa peau, rendait ses sens vagues et crémeux ... comme il aurait souhaité resté dans ce creux; havre défendu d'indicible quiétude. Eveil. Douleur.

On guida ses membres engourdis pour l'ascension qu'il avait lui-même exigée quelques instants plus tôt. Ainsi, en peu de temps, se voyait-il déjà redressé et adoptait, ingénu; la seule et unique posture digne du monarque qu'il était. Il palpa à nouveau son front, comme si ce geste chasserait cette brume cotonneuse de sa tête, avant de sentir le siège gémir sous ses hanches. L'éphèbe le quittait. Shiki en retint difficilement son étonnement, esquisse de surprise sur la courbe ravageuse de ses lèvres. Ses cils de velours papillotèrent et, tout en croisant ses jambes licencieuses, l'alouvi de tendresse admira l'invité qui fut quelques secondes son traversin préféré.

Comme il parut soudain nerveux aux yeux du mage. Ses prunelles irisées s'étaient vêtues d'un voile que parasitaient trouble et préoccupation. Ses pieds frénétiques lustraient la pellicule constellée du palissandre violacé et la voussure de ses épaules parut à l'instant, raide et roide d'hésitation. Cette vision réanima les obsessions délaissées du jeune prince; qu'était finalement le but de ce séduisant instigateur ? Quelle requête avait-il reçue des lèvres de sa souveraine ? Shiki effleura les vagues de ses mèches détrempées, dont les sillons délicats furent tantôt ébauchés par le mentor et ses doigts raffinés. Cette pensée s'acharnait à lui arracher un sourire sémillant, brûlant d'aise et d'allégresse; ça faisait bien longtemps qu'il n'avait connu si agréable sensation. Pourtant, il se retint d'exprimer cette cuisante exultation et se focalisa à nouveau sur le jeune homme. Celui-ci semblait redresser les ardeurs de son esprit, et Shiki, dont le regard soutenait celui de son vis-à-vis, sentit à nouveau cette honte qui l'avait envahi lors de sa défaillance. Il le savait, son attitude surina les codes de bienséance mais au fond, Shiki, même en parfait état de conscience, ne les respectait pas beaucoup. Quelques longues secondes se succédèrent sans que l'un deux ne défaille à cette joute silencieuse de regards, ce qui laissa au prince une liberté de loisirs infinis.

Ainsi, durant ce lapse de temps, se plut-il à imaginer cette peau tendrement dorée sous ses mains éprises et altérées; ce corps exotique qu'il dépouillerait de sa vêture, qu'il coincerait sous le poids de sa lascive ossature. Shiki tenta d'imaginer la chaleur suintée par le plaisir de deux chaires fébriles, l'ivresse d'un baiser corrompu, l'ar...


« Peut-être qu’un peu d’air frais vous ferez du bien. Me feriez-vous l’honneur de me faire visiter les jardins de la citadelle »

Essor de l'esprit. Réalité.

"Quelle agréable idée " S'enchanta-t-il, yeux rieurs et neutre sourire.

Shiki, qui se sentait plus ardent qu'à ses vertiges, pria pour que l'invité n'en remarque rien. S'il n'avait pas été prince, les choses auraient probablement été moins compliquées; soit il se serait mis à exécution (c'est-à-dire, sauter sur Shain), soit il se serait enfui comme un malandrin sous pression. Mais ici, subir l'approche était la seule et unique solution. Il inspira, offrant charnellement sa main lorsqu'il aperçut les intentions du jeune homme et ne put que savourer cette douceur fugitive, ne put que s'en repaître. Une force vigoureuse accentua ensuite sa relevée, et cette même puissance le guida jusqu'aux proximités de l'adonis. Ce dernier sourit, et cette satisfaction aboutit aux prémisses d'un rire secrètement étouffé. Shiki prit peur; se pouvait-il... qu'il se moque de lui ?

« Veuillez m’excuser de mon comportement, mais vous êtes tellement magnifique, je n’ai pas pu m’en empêcher »

Les voiles membraneux de Shiki s'écarquillèrent et le blanc de ses propres yeux s'astreignit encore à son manipulateur. Comme il aurait voulu se pâmer du compliment, y rougir dangereusement, clore ses paupières délurées sous la blandice et achever le tout d'un sourire vif en malice. Mais l'étonnement ravageait ses entrailles, embrasait le creux de son ventre... Si seulement, ce Shain n'était pas en quelque sorte "un douteux adversaire". Shiki répondit à la flatterie d'une lorgnade charmeuse, interrogatrice.... Ce beau brun venait-il semer le trouble sous ses apparences de thuriféraire et de complaisant ? L'encenseur le libéra de son emprise enjôleuse, permit à Shiki de récupérer ses doigts et pivota harmonieusement vers la porte.


L'air était avili; corrompu par l'odeur rance de toutes ces roses meurtries. Ses pieds nus caressèrent en prudence la rudesse des roches volcaniques; ces masses intenses qui guidaient d'accoutumance chimères nuiteuse en douce errance. Chimère... tout son esprit vogua sur l'avant-midi... sur Hypnos. Il commençait à sentir un remord plutôt raseur troubler ses aises. Il y avait dans cette bourse une grosse quantité d'or; toutefois ceci n'était que faible accalmie à ses tourments. Cet individu paraissait, non ce mage maudit était fort, hélas, Agatheria était une ville sans conscience, malsaine, dont les boyaux goulus grappillaient bien des vies. Il secoua la tête, non... non... il refusait de croire qu'Hypnos puisse mévendre son âme à quelque rossard désaxé; cette pensée n'était que douce erreur, absurdité... ce voyageur valait bien plus que ça. Ces derniers mots furent verdict à ses angoisses.

« Parlez moi un peu de vous, la dernière fois que je suis venu ici, vous n’y étiez pas et je crois que vous êtes un peu près la seule chose qui à changé ici »

Shiki fut agréablement surpris et chercha d'un vague coup d'œil l'invité qu'il venait de perdre. Ses iris vermeils le trouvèrent sans moindre peine et c'est d'une démarche transie par les zéphires qu'il s'approcha de lui. Meurtrier ou passeur; Shiki ne sut quelle profession s'attribuer lorsque ses mains indociles dérobèrent la plus endeuillée des roses. Noir intense, pétales plus graciles qu'une aile fébrile, telle était le lustre d'une espèce dont l'obscur croquait déjà la vie. Telle était la finesse d'un bourgeon souillé dès son efflorescence. Shiki sourit et la rose entre ses mains caressa d'une adresse délicieuse cette courbe divine qui sculptait le menton de l'apollon. Déplacement inconditionnel, ivresse de mouvements; il prit place aux côtés de cet invité songeur, interrogateur. Il s'était fait prudente marée, n'abusa pas de la proximité et c'est pareille à une douce inondation qu'il s'immisça dans les deux bulles bleues de son voisin.

"C'est une vague... une bien vague question" soupira-t-il, croisant ses jambes indolentes avant de tourner la rose entre ses doigts, aiguilles charnues qui exercèrent sur elle un doux torrent de frénésie.

"J'ai une passion pour le voyage, l'évasion et cet intime danger fiancé à tous mes loisirs nocifs et virulents. Je cueille la vie avec la violence de mes soudaines délicatesses et sur mes passages, je jalonne au fer rouge mes pas brûlés de folie."

Il prononça ses derniers mots d'un timbre malicieux et provoqua le jeune homme d'un sourire pâmé d'espièglerie. Puis, il froissa doucement la soie de ses draperies et ramena contre lui, un genou tiédi par l'étrange fraîcheur des ouches. Ses doigts grêles glissèrent doucement sous le pourpre luisant du taffetas et saisirent à la dérobée l'ivoire d'un Kriss sanglé sur sa hanche. Shiki s'assura que sa vêture occultait la menace aux yeux du beau brun avant de se tourner vers ce dernier. La rose gisait à présent sur la pierre virginale; le monarque s'était rapproché.


Le prince effronté vint alors à la rencontre du voisin dans un frôlage des plus douteux, glissa un bras dégourdi contre sa nuque délicate et raffermit son emprise dans une langueur libertine. Son autre main s'engagea de même au jeu et fit s'échouer la plaque glacée de l'arme auprès d'une de ces joues bellissimes. La nature s'était tue pour révérer le silence et c'est dans cette gamme désœuvrée qu'il orienta le visage de Shain d'une pression tendre et maîtrisée. Cette figure, c'est vers la sienne qu'il la guida, forçant ces beaux yeux bleus à décramponner le paysage agonique pour la diablerie de ses prunelles.

"J'aime aussi ... stupéfier " susurra-t-il, si proche de son convive qu'il pouvait en humer sa fragrance à donner des vertiges. Sourire.
Le prince rigola d'une douce sérénité, pencha la tête vers son invité et laissa l'arme s'écouler le long de son coup avant de finalement la ranger. Le vent taquinait ses mèches brunes dans d'insaisissables soufflées. On aurait pu croire que l'air, follet, suivait le même exemple que Shiki envers "son" visiteur inopiné. Frétillant... taquin. Il déroula son bras de la nuque fragile du piégé afin de l'offrir aux gelures de ce banc veiné.

" Pardonnez-moi... je m'amuse. Vous êtes le premier à me demander une telle chose. Je suis plutôt quelqu'un de curieux, je ne manquerai pas de vous reposer tôt ou tard cette question. "

Durant de longs instants, ses lèvres restèrent scellées sans qu'il ne trouve mot à prononcer. Que dire à présent pour ne pas paraître plus étrange qu'il ne l'était déjà ? C'était irréfutable... il adorait provoquer, c'était une partie de lui presque incontrôlable qui lui valut de nombreux problèmes. Il souffla, le regard toujours perdu sur son ancien captif. Il trouvait ce conseiller si insolite, si distinct des politiques timides qui se contentaient d'arriver au cœur de la citadelle les bras vannés sous d'innombrables dossiers. Tous ces hommes pour la plupart vétustes desquels la peau fuyante se parcheminait en lambeaux cirés par les âges. Soporifiques étaient-ils, eux qui ne cessaient de répéter les mêmes éloges à l'égard de lui, de la reine et du Royaume. Mais son nouvel hôte vigoureux de jeunesse possédait une personnalité sui generis au parfum imprévisible. Aussi, une de ses phrases lancinait son esprit déjà torturé. Que voulait-il dire ? Quand était-il venu pour la dernière fois ?

Shiki balaya finalement ses doutes et leurs résidus avant de se redresser. Sa main prudente repêcha la rose noyée dans la blancheur rocailleuse et en désossa les épines. De nouveau sans moindre retenue, il se permit de transgresser l'espace vitale du convive et glissa dans une de ses mèches rutilantes, cette fleur fière à la robe de velours.

" Bien, que diriez-vous d'aller dîner ?"

Shiki le tira tendrement par la manche cotonneuse de sa chemise.

" N'ayez crainte, vous ne serez pas le dessert."

---


Shiki hocha tranquillement la tête lorsqu'un serviteur apporta à leur table une bouteille d'Hyprocras destinée à accompagner le repas, nourriture bien trop fastueuse pour les deux jeunes solitaires qu'ils étaient. Quand il eut délaissé la pièce et qu'ils furent seuls dans ce désert d'arômes, le jeune prince écarta certaines assiettes et prit place sur la table; à côté de Shain et presque en vis-à -vis.

"Alors, dites-moi... Combien de temps resterez-vous en ma compagnie ?"

Il versa dans deux bulles cristallines le liquide liquoreux et en tendit une à son interrogé.


" Parlez-moi un peu de vous, la dernière fois que je suis revenu d'un voyage vous n'étiez pas ici."



Dernière édition par Shiki Elzevir le Mar 21 Aoû - 15:56, édité 1 fois
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Shain Bloze



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MessageSujet: Re: Que de l’inattendu ... [pv Shain, YAOI]   Mar 21 Aoû - 14:46

"C'est une vague... une bien vague question" soupira-t-il, croisant ses jambes indolentes avant de tourner la rose entre ses doigts, aiguilles charnues qui exercèrent sur elle un doux torrent de frénésie.

Une vague question, une vie ne pouvait généralement pas être décrite en quelques mots mais même si ça question semblait vague, il espérait bien avoir quelques réponses, comment pourrait-il le comprendre sans savoir ce qu’il était. Il pouvait lire ses pensées brièvement ou sentir ses émotions, mais un être si mystérieux ne peut que rester insaisissable. Shain observa le prince à nouveau, cherchant dans ses yeux quelques nouvelles intentions mais il avait repris cet air énigmatique qui ne semblait jamais le quitter.

"J'ai une passion pour le voyage, l'évasion et cet intime danger fiancé à tous mes loisirs nocifs et virulents. Je cueille la vie avec la violence de mes soudaines délicatesses et sur mes passages, je jalonne au fer rouge mes pas brûlés de folie."

Une réponse sans en être une. Shiki contrôlait-il seulement ses actes. Le conseiller n’en était pas certains et il avait raison de s’inquiéter de se détails. Absorbé, les yeux tourné vers le sol, il ne vit et ne sentit pas le déplacement silencieux et discret du prince et lorsqu’il s’en aperçu, il était déjà trop tard. Le conseiller sentit la main fraiche du prince se refermer sur lui tandis le métal froid d’un lame venait se coller sur l’une de ses joues.

Le temps se glaça l’espace d’une seconde et une peur irrationnelle vint enserrer le cœur du conseiller. La peur de la mort. Pourquoi en avoir peur alors même qu’elle ne pouvait l’atteindre. Chaque homme est habité d’un instinct de survit qu’il ne peut contrôler et sans qu’il le veuille, Shain était également habité de se sentiment mais bien amoindrit et son souffle reprit un rythme régulier aussi rapidement qu’il ne s’était arrêté. A cet instant, un flot d’émotion et de pensée traversa son être mais aucunes ne lui appartenaient et il comprit comme il l’avait soupçonné à quel point Shiki était impulsif.


"J'aime aussi ... stupéfier "susurra-t-il, si proche de son convive qu'il pouvait en humer sa fragrance à donner des vertiges. Sourire.

Si proche du prince, ses yeux bleus enfoncés dans les siens, il lui rendit son sourire malicieux, il n’avait pas peur de lui, Shain avait défié les âges des siècles durant et aujourd’hui, il était fort et la malice avait toujours fait partie de lui. Surprendre. Le prince l’avait surpris et Shain était prêt à lui rendre la pareil.

Le prince rigola simplement et innocemment comme si ce n’était qu’une simple plaisanterie et finit par ranger sa lame. Shain s’écarta légèrement prenant une distance de sécurité et frotta sa nuque endolorie, mais il ne sentait déjà plus rien sauf peut-être quelques fragments de pensées de son compagnon. A aucun moment, il ne lui avait été pas hostil et le conseiller se détendit légèrement à cette idée.


" Pardonnez-moi... je m'amuse. Vous êtes le premier à me demander une telle chose. Je suis plutôt quelqu'un de curieux, je ne manquerai pas de vous reposer tôt ou tard cette question. "

Curieux ? Shain avait déjà rencontré des âmes curieuses mais jamais il n’avait reçu une telle réaction. Encore une différence avec le peuple Hélléanien toujours pacifique et si prévisible. En tout cas, Il devrait désormais faire plus attention à ses paroles s’il voulait sortir en un seul morceau de son voyage.

Ce prince tellement insolite l’intriguait, loin des petits princes toujours imbus de leur personne, ce croyant l’autorité suprême et surtout tellement différent de sa mère Agathe. Démon incarné. Shain ne pouvait que s’interroger sur cette personnalité car même en lisant en lui, il n’arrivait pas à toucher le fond de son âme comme si quelque chose l’en empêchait ou comme si elle était trop profonde et tout se qu’il désirait désormais s’était percer Shiki à jour. Le comprendre, comprendre comment la perfide Agathe avait pu engendrer un tel fils.

Sortant à nouveau de ses pensées, Shain rapporta son attention sur le prince. Celui-ci s’étant relevé, s’appliquait à désosser un nouvelle rose de ses épines avant de venir la déposer entre les mèches du conseillé. Shain savoura le parfum délicat de la fleur et son poids délicat contre son cuir chevelu. Léger comme la brise et délicat comme le parfum de la rose, voila peut-être ce qu’était Shiki.


" Bien, que diriez-vous d'aller dîner ?"

Shiki le tira tendrement par la manche cotonneuse de sa chemise.

" N'ayez crainte, vous ne serez pas le dessert."

----------

Shain n’avait rien mangé depuis son arrivée et il se délectât des douces odeurs de cuisine qui lui chatouillèrent les narines à l’ instant où le serviteur passe le seuil de la porte. Shain s’installa en premier à table. Ce prince au moins n’était avare de rien, lui offrant, bon accueil nourriture et bain chaud. Sa mère n’avait jamais été aussi courtoise avec lui.

"Alors, dites-moi... Combien de temps resterez-vous en ma compagnie ?"

Shain accepta le verre que Shiki lui tendait.

« Eh bien, le temps qu’Hélène et moi-même le jugeront nécessaire.»

" Parlez-moi un peu de vous, la dernière fois que je suis revenu d'un voyage vous n'étiez pas ici."

Shain sourit à ces mots et se souvint des paroles que Shiki lui avait dit un peu plus tôt « je ne manquerai pas de vous reposer tôt ou tard cette question ». En effet, et il n’avait pas attendu très longtemps avant de la lui reposer.

« -Je suis le conseiller de la reine Hellène et elle m’envoie parfois en mission diplomatique. Mais en vérité, je préfère rester en Héléanie, c’est une région très calme, peut-être devriez vous venir y faire un tour, je serai heureux de vous y accueillir. Désolé de ne pas vous en dire davantage mais parfois, il vaut mieux ne pas trop en dire. Et puis, intelligent comme vous êtes, je suis sur que vous réussirai à découvrir davantage sur moi avant la fin de mon séjour. »

Shain avala une nouvelle bouchée gardant le regard fixé sur le prince. Et avec un léger sourire au coin des lèvres, il rajouta.

« Désolé de ne pas sortir une lame pour vous réponde mais je n’aime pas beaucoup m’en servir et puis je n’ai pas envie de me faire chasser d’ici. »

Buvant une gorgée, il s’empressa de continuer son plat, et rassasier sa faim. Shain aimait la bonne nourriture et le bon vin, tout comme il appréciait être en agréable compagnie. Et aujourd’hui, tout semblait lui réussir mais malgré tout, il restait un point à régler qu’il ne devait pas oublier. La raison de sa venue.

« Quand pourrais-je parler à votre mère ? »

La reine Hélène l’avait envoyé ici pour s’assurer que l’accord de paix entre leurs deux nations était toujours respecté par Agathe et avec une telle reine, rien n’était moins sûr. Pour Shain, seul le bien être de son peuple avait de l’importance et cela, depuis qu’Hélène XI l’avait accueilli dans sa maison, soigné et nourrit. Elle lui avait tout donné et lui-même pour l’en remercier ne pouvait que veiller à préserver son œuvre. Et puis, Shain se souvenait encore des conflits récents et anciens toujours orchestré par des peuples belliqueux qui ne voient devant eux que le sang et la guerre. Le conseillé immortel avait vu partir des centaines de vies, des centaines d’êtres aimés. Tellement qu’il avait renoncé à s’attacher, ne cherchant que les amours d’un soir pour ne pas trop souffrir. Et combien de reine qu’il avait aimée comme ses propres filles avaient-ils vu partir ? Trop bien sur. La vie humaine était déjà bien assez courte pour ainsi la gâcher. Et c’est pour ça que ces accords de paix avaient tellement d’importance, pour cela qu’il avait juré à Hélène de tout faire pour les préserver.

« - Je sais que vous n’êtes pas dupe, cher prince. Vous connaissais la raison de ma présence. Je dois seulement vous poser une question ! Croyez-vous que la paix soit menacée. Je ne doute pas que vous la vouliez autant que moi mais en est-il de même pour votre mère. »

Shain voulait de tout son cœur croire que Shiki pouvait être meilleur que sa mère car même si excentrique, il devait y avoir du bon en lui et rien n’avait prouvé le contraire jusqu’à maintenant. Shiki dégageait quelque chose de particulier qui ne le laissait pas Shain insensible. Et cela le contrariait plus qu’autre chose.

Shain dégusta la dernière bouchée de son plat. Ce repas avait était délicieux. Pas autant agréables que ses doux mets Héléanien bien sur mais d’une excellente qualité. Shain sera sa coupe entre ses doigts, la faisant délicatement tourner pour en savourer la couleur. Puis, l’huma légèrement et hocha la tête d’un air satisfait. Il porta sa coupa ses lèvres en buvant une gorgée avant de se relever. Tirant sa chaise sur le côté, il se rapprocha du prince lentement et déposa son verre sur la table juste en face de lui.


« - Je dois vous remercier mon prince. Pour votre accueil. Vous êtes quelqu’un de particulier mais j’aime beaucoup cela. Le royaume d’Agathe à de la chance de vous avoir ! »

Shain le regardait droit dans les yeux. La séduction. Un jeu qui lui plaisait depuis longtemps et auquel il ne cessait de s’adonner. Mais jamais avec un homme et encore moins un prince. Shain resta figé quelques instants, ce rendant bien compte de la porté de ses paroles et de ses actes et maudissant ses pensées. Séduire un prince était évidement tout à fait recommandé lors d’une mission diplomatique. Surtout pour recevoir la sympathie de la reine. Il était également certain qu’Hélène ne le réprimanderai pas pour ces « quelques écart ».

Mais qu’était-il entrain de faire. Devenait-il fou ou alors était-ce le vin qui lui faisait penser de choses aussi stupide. Sur le point de se raviser, il fit un pas en arrière et porta ses main en avant dans un geste de recule. Mais ce qu’il n’avait pas prévu ou plutôt ce qu’il avait oublié, c’était son verre posé à quelques centimètres de sa main. Ainsi, ses doigts heurtèrent sans qu’il s’en rende compte la coupe qui déversa tout son contenu sur le prince. Le visage du conseillé pris une teinte livide en se rendant compte de ce qu’il venait de faire. Quel mauvais émissaire il faisait. Ça en devenait presque pathétique.


« - Eh bien je dois vous remercier et au lieu de ça, je vous renverse mon verre. C’est plutôt lamentable. »

Attrapant une serviette sur la table, il se pencha sur le prince pour essayer de réparer le plus de dégâts possible. Si proche du prince ses sentiments troublés se ravivèrent comme plus tôt dans le salon. Reposant la serviette tachée sur la table il se rapprocha davantage prenant appuis sur les accoudoirs du siège. Surprendre. Et se surprendre soi-même. Shain joignit doucement ses lèvres à celles de son homologue et partit dans un de ces baisers passionnés qui avait fait tomber tant de femme à ses pied mais aujourd’hui le défit était de taille et il saurait bientôt les répercussions de son acte. Mais pour l’instant, plus aucunes pensées n’encombrait son esprit. Tout était vide et silencieux et rien ne semblait plus exister. Juste ses lèvres posées sur celle du prince. Juste comme ça.
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Shiki Elzevir
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MessageSujet: Re: Que de l’inattendu ... [pv Shain, YAOI]   Dim 26 Mai - 15:15

« -Je suis le conseiller de la reine Hellène et elle m’envoie parfois en mission diplomatique. Mais en vérité, je préfère rester en Héléanie, c’est une région très calme, peut-être devriez vous venir y faire un tour, je serai heureux de vous y accueillir. Désolé de ne pas vous en dire davantage mais parfois, il vaut mieux ne pas trop en dire. Et puis, intelligent comme vous êtes, je suis sur que vous réussirai à découvrir davantage sur moi avant la fin de mon séjour. »

Shiki lapa un peu de vin d'un coup de langue. Mystère. Ainsi l'émissaire souhaitait le tester, le faire partir un pied dans l'étau pour frelater ses mouvements. Le monarque quitta la table pour rejoindre son siège et y reposer son dos transi. Si c'était ce que l'éphèbe désirait, ce serait sans prière qu'il lui verserait les flammes de la vigilance. Mais d'abord, réflexion ...
Pensif, il remonta un peu de soie sur ses épaules dégarnies, jouant l'inattentif, l'esprit rêveur. Il se mordit l'extrémité d'un doigt, l'âme oppressée par un regard qui ne voulait se détourner de lui. Ce regard vaste tel un lac d'Héléanie...

La Terre des Anges, quelle belle idée... Pour une fois, voyagerait-il peut-être sans contrat mortuaire contre le cœur ? Pérégriner pour occire et égorger, telle était la condition de sa mère en échange d'une liberté. Il décilla ses prunelles soupirantes, il était las, éreinté de tout ce sang qu'il lui restait encore à verser.

« Désolé de ne pas sortir une lame pour vous répondre mais je n’aime pas beaucoup m’en servir et puis je n’ai pas envie de me faire chasser d’ici. »

"Ce serait regrettable, en effet"

Ses dents se dévêtirent de leurs lèvres, il roula des yeux vers son invité et c'est une lumière malicieuse qui égaya son regard tout entier. Avait-il en face de lui un partenaire pour ses marginalités ? Ou était-il un persifleur bien déguisé ? Shiki se raidit, pinça son sourire déjà trop blanc. Aucun rire ne reçut permission d'agresser l'atmosphère; aucune dent ne put se dénuder de nouveau. S'il s'agissait de répartir; chaque souffle, chaque regard devait être éloquent. Il ne pouvait s'autoriser aucune méprise... Les malentendus, ce qu'il savait s'y bien orchestrer, devaient être écartés durant quelques instants. Il devait apaiser son esprit désaxé et veiller au bien être de cet illustre invité.

Et Shiki le regardait, dégustant du regard celui qui faisait de même avec son repas. Qu'avait-il pensé de la ballade? De cet éden mourant où tremblaient débris de squelettes et arbres gélifs ? Que pensait-il de son royaume parsemé de pétales obscures et de désirs secrets ? Shiki ferma les yeux quelques instants, déluré et sémillant de cette si délicieuse compagnie; le sourire fauché à se réjouir si béatement... Non non, il n'arriverait pas à se comporter normalement.

« Quand pourrais-je parler à votre mère ? »

Shiki soupira, vigoureusement. Ainsi, nous y voilà : la mission, la paperasse, les polémiques, les négociations, la confrontation avec de sa mère après 3 mois d'absence et ensuite les adieux. Il réfléchit, "quand ?" était une question presque divine lorsqu'on abordait la "Reine". Cette Tête d'Or adorait se faire désirer, se faire prier et il n'était pas rare qu'il faille l'implorer pour n'obtenir qu'une humble vocable. Cependant, le prince estimait beaucoup ce convive improviste. Il était différent, on pouvait percevoir son courage immerger et arroser le moindre mot. Le blond pouvait l'augurer, il avait à ses côtés un feu follet auquel on pouvait se brûler les doigts. Obtiendrait-il quelque chose de la Souveraine ? Il le devait sûrement pour son propre honneur car après tout, n'était-il pas : "Le conseiller de la Reine"? N'était-ce pas une des fonctions les plus estimables ? Depuis son plus jeune âge, le mage se chargeait de l'accueil de divers hommes en missions. Des conseillers de la noblesse, des conseillers royaux, des marchands... Il avait reçu dans ce salon un bon nombre de visites, mais il avait rarement vu un Roi ou une Reine prendre distance de "son conseiller" attitré. Rare étaient également les missionnaires à encore avoir du lait sur les lèvres. Surtout pour venir côtoyer les appartements d'une sadique - ce Shain était terriblement jeune. Shiki se rappelait, tous ces vieux hommes aux bras vannés par les parchemins, tremblant à l'entrée et chancelant au salon. Il n'avait jamais vu que ça, en fait. Et maintenant, voilà qu'il croisait la route d'un adonis, heureux et même pressé de braver la Maîtresse des Enfers. Devait-il lui dire qu'après sa visite, sa mère lui dicterait les nouveaux changements? Qu'il se chargeait au final de sauver les apparences et d'entretenir cette façade, ce spectre de paix? Qu'il n'était même pas obligé d'aller la voir ? Non, il ne lui dirait pas. Shiki avait beau penser tout ça, il savait que passer par la Reine était plus officiel, pour l'amour-propre d'une part (mission accomplie!) et pour le respect de la requête.

Shiki dévisagea son bel invité d'un regard aussi suave que la nuit. Sa jeunesse le surprenait. Il ne devait pas être plus âgé que lui, alors... qu'avait-il à conseiller à la reine Hélène? N'est-ce pas l'âge qui forge la sagesse?
Non, il n'y avait dans ce visage aucune menterie, mais la fleur du doute ne peut se faner tant qu'une eau sibylline ne continue de l'abreuver. Il lui fallait savoir pourquoi Hélène l'avait choisi et quand il était venu pour "la dernière fois". Shiki sentit son coeur palpiter, avide par toute cette curiosité; admiratif également devant cet être.

"Je ne vous cacherais que je suis émerveillé par votre zèle. Hélène doit être fière d'avoir un conseiller tel que vous. Je dois souvent moi-même rappeler aux visiteurs qu'ils sont ici pour voir la Reine, s'ils veulent aller jusque-là du moins. J'irai lui rendre visite et veillerai à vous arranger une rencontre dans les plus brefs délais. Je m'excuse de mon imprécision mais je dois moi-même remettre toutes mes pendules à l'heure."

« - Je sais que vous n’êtes pas dupe, cher prince. Vous connaissez la raison de ma présence. Je dois seulement vous poser une question ! Croyez-vous que la paix soit menacée. Je ne doute pas que vous la vouliez autant que moi mais en est-il de même pour votre mère. »

Sa bouche se crispa en un rictus insondable tandis qu'il déplia ses jambes pour les croiser lascivement.

"Paix ou guerre... Telle est la question, n'est-ce pas ? Mais quelle est cette 'paix' dont vous parlez? Je ne comptais pas vraiment vous en alerter mais je souhaite être honnête avec vous. Nous vivons une guerre silencieuse depuis la naissance même du traité. Vous êtes aussi éclairé que moi, vu la place que vous occupez, et je suis bien conscient de ne rien vous apprendre de nouveau. Vous les voyez comme moi, n'est-ce pas ? Ces Royaumes qui frissonnent à la moindre pierre jetée, ces Royaumes qui s'espionnent "les uns les autres" tout en timidité, ces Royaumes qui n'attendent qu'une maladresse pour prétexter la guerre... Ma mère est à l'origine de cette paix, mais je ne dirai qu'une chose : les bourreaux ne font pas la paix, ils vous séduisent pour mieux vous trancher. Pourtant, et ma mère me tuera pour vous avoir dit cela, elle ne sera point la source d'une prochaine désunion. Selon mes prédictions, elle ne pourra hélas pas assouvir ce désir; un esprit délétère le fera bien avant elle. Où plutôt devrais-je dire... "une chose". En ce qui concerne nos apparences, je tâcherai de les ternir pacifiques. Racyne ne survivrait pas à deux belligérances..."

Shiki se tut. Il y avait tellement de fleurs douteuses poussant dans son jardin. Avait-il le droit de parler autant? Avait-il le droit de se confier? Etait-il déjà au courant de ce qu'il insinuait? L'Umbra... Le monarque consola son malaise d'une gorgée de vin. Il y avait pire... Il ne cernait toujours pas la raison de sa mission. N'était-il que vérité? Venait-il juste pour se soucier de cette trompeuse quiétude? Si tel était le cas, il n'était pas bien dangereux; juste redoutablement séduisant.
L'air vibra et ce bruit transcenda son sommeil méditatif. Une chaise fut ainsi désertée sous le regard interrogatif de l'hôte. Désorienté, il ne pu qu'étudier cette approche d'un air surpris avant de chercher à éviter cette future confrontation; il se sentait dangereusement inondé. C'est ainsi qu'il mima subtilement d'admirer le jardin.


« - Je dois vous remercier mon prince. Pour votre accueil. Vous êtes quelqu’un de particulier mais j’aime beaucoup cela. Le royaume d’Agathe à de la chance de vous avoir ! »

Son cœur pantela et il s'en mordit les doigts. Un souffle tremblant s'évada de ses poumons attisés, ses iris vacillantes s'engourdirent devant l'éden défleuri, ses paupières s'affolèrent. Il frémit. L'odeur d'une vague invitait son regard à chavirer, à se retourner vers cet éphèbe et à s'abandonner tel un poisson dans cette écume myosotis. Quel regard. Shain le fixait, l'invitait ... et cet appel empli d'insistance, il le sentait du coin de l'œil. Il sourit, cessa de fuir et lui fit face. Il se sentait telle une voile perdue en mer sous un ciel sans égal.

Son invité semblait dans l'expectative, mourrait de lui communiquer quelque message mais le monarque, comblé par la flatterie, enivré par ce parfum mystique et sauvage; ne savait que faire de cette situation. Il était hypnotisé, magnétisé par cet arôme si délicieusement exhalé. Le mage connaissait cette fragrance, il la devinait personnelle à l'invité, ne provenait guerre des senteurs soumis à la disposition des visiteurs. Il l'inhala à la dérobée, à la recherche du nom que portait cette délicieuse odeur.
Distance. L'invité s'était dangereusement écarté, laissant à peine le temps au prince de s'inquiéter. Aussitôt les yeux levés vers le déserteur, sentit-il son cœur perdre le rythme de ses pulsations. La sensation était inconfortable, froide, envahissait ses jambes avant de lui donner le frisson en coup de grâce. Son regard s'échoua sur ses genoux, une tâche rouge violacée s'émancipait sur la soie, Shiki bredouilla. Surprise. Il dévisagea lentement le fautif, s'inquiétant et s'amusant à la fois de ce visage livide.


« - Eh bien je dois vous remercier et au lieu de ça, je vous renverse mon verre. C’est plutôt lamentable. »

Shiki ne savait quelle réaction adopter, il n'avait jamais rien vécu de tel... Ce n'était certes, pas bien grave, juste gênant à l'ivresse. Il redressa doucement le bras, recherchant sur la table quelque chose pour éponger la lie de vin. Faire disparaître cette sensation désagréable, là était sa première priorité.

Malaise. Ses yeux brillèrent d'embarras lorsqu'une main s'empara de la serviette convoitée. Le prince se sentait en inconfort, n'était pas sûr de vouloir cette aide généreusement offerte. Mais tout allait si vite; le vin, la serviette, ces effleurements maladroits. Les mots n'avaient plus le temps de naître. Shiki rejeta la tête en arrière, n'osait se confronter à celui qui frôlait furtivement ses jambes. Il était si doux, même l'inconfort venait de céder sa place au bien-être. Shiki roula des yeux; de Shain au jardin, du jardin à Shain. Qu'était-il en train de figurer ? Lui était-il permis de trouver cette sensation exquise ? L'hésitation lui fit fermer les yeux, il se trouvait soudainement si obscène. Ce Shain le mettait dans une situation épineuse.
Heureusement, (ou pas) l'action ne dura pas si longtemps et le mage osa déciller, inspirer et sourire. Le conseillé déposa sur la table la serviette trempée tandis que Shiki posait déjà ses mains sur les accoudoirs matelassés. Il était prêt à se relever, avec en ses jambes, l'ultime besoin de se dégourdir.

Mais l'adonis fit volte-face, s'approcha davantage et le coinça sur son propre siège. Les bras du blond abandonnèrent l'idée de se redresser et retombèrent le long de son corps. Shiki restait interdit, médusé, ... Douceur. Sa tête roula doucement vers l'arrière, les lèvres pressées par celles de l'émissaire. Il fondait. Son corps entier semblait une neige fondante sous un soleil ardent. Ses paupières lavèrent la surprise de ses yeux; mais cette fine buée insistait, perdurait, sous un baiser dont il n'avait aucun contrôle. Frémissant, perdu, il venait de perdre tout repères. Tout ses sens se surchargeaient, devenaient de vrais tourments. Avait-il le droit de le toucher? Lui était-il permis de caresser cet étranger? Ses mains se raidirent sur le fauteuil, continrent l'envie d'agripper la courbe soyeuse du dos qui le surplombait; ses yeux suintaient un mélange d'incertitude et délice. Le contrôle, il ne l'avait plus, ni sur aucun de ses sens, ni même sur cet invité.


Shiki vivait dans le contraction même. La convoitise. Il était le premier a y avoir succombé, s'approchant le premier, versant l'ambroisie en songeant à mille fantasmes. Ah les fantasmes, là était justement le problème. La prince adorait courtiser, se vendant quelques rêves avant de revenir à la réalité. Le soir, il lui arrivait souvent d'aller se promener, de jouer dans les bars sur quelques sourires subtiles, d'aborder, de discuter mais tout restait maîtriser. Aucun contact, juste celui des yeux. Jamais, il ne s'était laisser embrasser; jamais, il ne s'était laisser toucher. Hypnos était même l'un des seuls à l'avoir soigné. Non, il avait toujours eu le contrôle, l'audace de refuser ou de repousser mais cette fois-ci, tout était différent. Il l'avait laissé transgresser la frontière, il lui avait offert le parvis de ses lèvres, il lui avait donné l'honneur d'ébranler son âme.

Il ferma les yeux, il n'avait aucune envie de résister. Tout hésitant, presque maladroit, il posa ses paumes sur le dos du séducteur. Il les remonta lentement, doucement, avant d'arriver sur une nuque soyeuse qu'il entoura de ses bras. Le prince n'était pas sûr qu'il le laisserait partir aussitôt, pourtant, c'est lui-même qui mit fin au baiser; à bout de souffle. Ses pensées revinrent le supplicier.

"Je... je pourrais vous faire torturer pour cela ... "

Il sourit de honte, évita le regard de celui qui tantôt agressa ses lèvres, libérant sa nuque pour saisir doucement le galbe de ses épaules musclées. Il sentait ses joues s'empourprer, la température monter. De quel droit lui faisait-il subir un tel supplice? Ce genre de baiser devrait être interdit. Il inspira, frissonna, son âme entière venait de survivre au cyclone. Il se releva, obligeant son vis-à-vis à reculer et par la pression de ses doigts, le fit s'assoir sur sa chaise initiale.

Il se sentait ému, il aurait aimé avoir la force de continuer. Seulement, il craignait de se faire détruire encore plus qu'il ne l'était déjà. Shiki savait, que ce geste devait servir à l'influencer, à servir au bien-être de cette fameuse mission. Ce n'était rien qu'un moyen comme tant d'autres. N'est-ce pas? Lui-même se servait parfois de moyens immoraux, au fond, c'était normal. Shiki se racla la gorge, observant les arbres qui ondulaient leurs feuilles à la fenêtre. Il n'avait pas envie d'être utilisé.
Enfin, il plongea ses yeux dans les siens. Lui debout, Shain assis. Son visage s'assombrit.

"Qu'est-ce qu'il vous a pris? Je souffre de me contenir en votre présence, de paraître normal mais vous... vous... "

Sa voix flanchait, s'étouffait. Elle était empreinte d'un désarroi indomptable. Shain venait de toucher une corde bien trop sensible. Il ne devait probablement pas soupçonner tout l'effort que Shiki faisait pour ne pas perdre le contrôle. Le mage coiffa ses mèches revêches d'une main discrète. Retrouvant lentement rythme et confiance en sa voix.

"Je préfère vous le dire tout de suite, user de vos charmes sur moi n'influencera pas positivement votre mission. Au contraire, un tel comportement ne peut rester impuni. Devrais-je prévenir ma mère de ces débordements? Shain? Ou devrais-je régler cela par moi-même?"

Le blond saisit sur la table une bouteille de vin encore pleine avant de se pencher vers l'oreille de son prisonnier.

"Devrais-je vous faire subir le même châtiment?"

A ces mots, Shiki pencha le récipient de verre qui déversa petit à petit son contenu. Lentement, la bouteille dégorgeait son amalgame de raisins foulés, tombant, rependant son liquide sur le martyrisé. Pourtant, le fluide ne mouillait pas, ne tachait pas; plus il se déversait, plus il disparaissait. Une fois la bouteille vide, Shiki la laissa choir, et au contact du sol, elle s'évapora en papillons noirs.

Il tendit la main, et ceux-ci vinrent s'y poser pour s'évanouir furtivement.


"Vous ne pourrez jamais battre en surprises un illusionniste, Shain. Et puis, je n'oserais jamais vous faire une telle chose. "

Shiki lui saisit la main, mêlant ses doigts au siens dans une douceur égale au miel.

"Rendez-vous plutôt utile et venez m'aider à me changer. "

Le blond aimait bien cette main; elle était chaude, plus douce encore que la soie qu'il revêtait. Il le fureta du regard. Chaque fois qu'il posait les yeux sur lui, il découvrait un être empreint d'une élégante beauté. Non, il n'existait aucun mot pour qualifier ses charmes. Shain était le résumé de cette grâce unique. Shiki se crispa. C'était habile de la Reine Hélène de l'envoyer pour se jouer de lui. On ne résiste pas à Shain. Ses joues rougirent jusqu'au blanc des yeux. Il était son premier coup de foudre mais savait que ça ne pourrait être réciproque. La politique pourrit les relations humaines; entre ses mains, elles deviennent factices, artificielles, jusqu'à devenir félonie. Une main de dépit recouvrit ses yeux; rendre les choses plus complexes encore... Sa vie était déjà le plus tortueux des labyrinthes. La relation avec sa mère, les Royaumes à contenir et puis maintenant...
L'Umbra. Pourquoi ne pouvait-il juste pas savourer le seul événement positif en 17 ans: Shain?

Après une longue marche, il délivra le convive de son emprise pour ouvrir la porte de sa chambre. Les ombres mouillaient la pièce de leur couleur profonde tandis que les rideaux dansèrent sous le naissant courant d'air. Il s'avança, écartant les voilages pour inonder son antre de lumière. Celle-ci se dévoila safranée; la moindre draperie arborait un rouge clair à reflets nacrés. Shiki se dépêcha d'aérer en ouvrant grandement les fenêtres et en remuant le ciel de lit, avant de faire brûler quelques vagues senteurs d'ambre.

"Vous pouvez entrer, faites comme chez vous."

Shiki ouvrit une garde-robe, sortit un ensemble à la couleur du raisin noir avant de papillonner vers le conseillé. Il lui tendit le haut, tout sourire.

"Pouvez-vous tenir ceci s'il vous plaît? C'est assez compliqué, il y a quelques nœuds à faire à l'arrière afin que cela tienne. Je ne porte pas ça souvent, juste pour les grandes occasions. Et vous êtes pour moi une grande occasion. Regardez de ce côté je vous prie."

A ces mots, le monarque posa ses doigts en délicatesse sur la joue de Shain; l'obligeant à tourner la tête vers la droite.
Il lui tourna le dos, se délivra du taffetas tâché, laissant son peignoir couler légèrement de ses épaules. Son dos était marqué de ses imprudences, représentait presque la négligence de sa propre vie. Les cicatrices ont tellement de peine à s'évanouir. Shiki eut un moment de blanc. A la vue de la soie sur le sol, il pantela. Qu'était-il en train de faire? Sous la froideur du vent, il frémit, se hâta; glissant ses bras dans la tenue que Shain tendait à l'arrière. Il passa sa ceinture de levantine, sentit les mains de Shain effleurer les siennes avant de saisir le tissu. Et ses seules pensées lui furent encore dédiées ; qu'est-ce qu'il sentait bon. Shiki ne sut pas à qui attribuer la faute; à son empressement, à sa distraction, à sa gaucherie.... Le conseiller eût à peine le temps de saisir la ceinture qu'un faux mouvement du prince sur les vêtements alcoolisés déroba le sol sous leurs pieds. Shiki avait chaviré, entraînant le pauvre Shain avec lui.

Son cœur buta. Le voilà, assis par terre, son dos maladroitement collé contre le torse du visiteur. Ses mains tremblantes se posèrent sur les jambes de sa victime, s'en servant d'appui pour se retourner vers le beau jeune homme. Le blond mourrait de honte, plongeant deux prunelles inavouables dans le regard du renversé.


"Veu.... veuillez me pardonner, sincèrement..."

Shiki demeurait confus et honteux de lui-même, bafouillant, rougissant, ... Il était à moitié nu, entre les jambes robustes d'un invité qu'il venait de faire choir. L'avait-il blessé? Qu'en pensait-il? Des envies irrésistibles revenaient le convulser, l'harceler. Shain était pour lui tel le fruit interdit de l'éden. Plus il le regardait, plus il le languissait; plus il le touchait, plus il mourrait envie d'y goûter. Torture. Le monarque glissa ses mains inhabiles derrière le dos de son martyre, les paupières filantes, ses œillades vibrantes de maladresse. Il inspira, se collant davantage à lui, sentant des vapeurs trémuler son corps.

"Shain, vous sentez l'eucalyptus ... c'est délicieux ..."

Shiki se surprit à l'incohérence de ses pensées, de son comportement. *Que fais-je? Qu'est-ce que je veux?* Si Shain lui posait la question, il serait purement incapable de répondre. Il avait cueilli mille plaisirs lors de leur étreinte, avait exploré un délice encore inexploré, mais savait que ça n'aboutirait à rien. Alors? Pourquoi se déshabiller, devant lui? Pourquoi lui caresser le dos avant de venir coller sa poitrine à la sienne? Le contrôle filait, encore... Ses lèvres avaient soif de cette personne. Il remonta une main dans les mèches soyeuses de l'apollon, respirant lentement, jouissant de ce simple contact tel un crève-la-fin devant une bouchée de pain. Comme le contact humain était bon finalement. Shiki se nicha dans le cou de l'hôte, embrassa cette courbe chaude et satinée. Il la chatouilla de son souffle, la caressa de ses lèvres; n'osa aller plus loin. Timidité, pudeur étaient toujours ses maîtres mots. Shiki s'en voulait presque; si seulement ses mains n'étaient pas frémissantes, si seulement elles ne peinaient pas à caresser en douceur la chevelure de l'adonis; tout en lui semblait si soudainement malhabile, incertain, presque brut. Shain le rendait fou, posait dans sa tête un problème insoluble: son odeur, la pureté de ses yeux, la douceur de sa peau, ... Mais il n'y avait pas que son physique, son aura elle-même était séduisante.

Un courant d'air secoua brutalement la pièce. Shiki s'écarta du visiteur, choqué par cette bouffée soudaine et imprévisible. Ses yeux se rivèrent vers la fenêtre avant de constater que seule la porte était fautive. Horreur.


- Prince !

Shiki resta scandalisé... le Général.

- Prince ?

L'état second se brisa.
Shiki lança un regard alarmé à Shain. Quelle situation... déplaisante. Au fond, il se sentait plus désolé pour son invité que pour lui-même. Voilà des années que le Général s'était donné pour tâche de le surveiller intensivement. Au Royaume d'Agathe du moins. C'était un subalterne impertinent, surprotecteur et qui savait, beaucoup trop... Trop. À chacune de ses transes, il était présent. Souvent spectateur, parfois un secours, mais rien de plus. Cet homme d'une quarantaine d'années était au courant des moyens peu orthodoxes qu'usait le prince pour fuir sa réalité, lénifier son esprit et sombrer.
Le monarque n'était pas dupe. Soupçonnait que son Général voulait le garder isoler pour garantir sa sécurité. Et jusqu'à cet instant, il ne s'en était jamais plaint. L'isolement et la solitude étaient presque des réconforts. Alors, pourquoi se sentait-il si frustré?

Le Général s'avança, ignora Shiki qui à présent fixait le sol et vint tendre une main à Shain pour l'aider à se redresser.

- Monsieur Bloze, c'est cela? Veuillez excuser le prince s'il vous a importuné, il rentre d'un voyage des plus pénibles. Il est rare qu'il s'écroule et tourmente ses invités de la sorte. J'espère que vous n'en prendrez pas rigueur dans votre rapport, ni pour les jours suivants.

Shiki hésita. Le sauvait-il ou l'isolait-il encore plus?

- Ceci n'est pas mon travail, Monsieur Bloze, mais permettez-moi de vous conduire à vos appartements
.
Le Général emmena Shain hors de la chambre avant de le guider jusqu'à son logement temporaire.

- La Reine ne souhaite pas que son fils connaisse autre chose que la solitude. Lui-même ne supporte pas la compagnie. J'espère que vous ferez court, Monsieur Bloze.

Sur ce, le Général tourna les talons et partit.
----
Le blond soupira, frissonna. Sa peau gelée devenait insupportable. Il se déshabilla de nouveau, enfila le peignoir taché. Peu importait.

Le soleil se couchait et son jardin s'assombrissait telle leur rencontre. Ses paumes se plaquèrent sur les vitres, il les referma doucement. Désespoir. Tout avait pourtant si bien commencé. Qu'est-ce que Shain pensait en cet instant? Tout était un désastre. Même si rien n'était possible entre eux, Shiki ne souhaitait pas anéantir l'esquisse d'une simple amitié.
Sa tête se cogna contre le mur. Il ne se reconnaissait plus. Shain l'avait cassé, démonté, déboussolé, déglingué. Ses engrenages chauffaient, ses fils se déconnectaient, ses pièces se déboîtaient. Le monarque savait son étrangeté, mais aujourd'hui, elle avait atteint son paroxysme. Désirs, fantasmes, honte, attraction, bonheur, désespoir, ... Ses sentiments en éventails l'avaient surchargé, lui qui n'expérimentait chaque jour qu'indifférence ou curiosité.

Shiki pensa aller s'excuser, encore, mais l'envie sécha. Il fallait arrêter le massacre.

Ses pas nerveux finirent par le faire sortir de la chambre avant de le guider jusqu'à la bibliothèque. La première visite de Shain au Royaume, comment avait-il pu la manquer? Il avait reçu bien des messagers et conseillers d'Héléanie mais jamais l'inspirateur royal. Il lui fallait une activité, quelque chose qui dérive son esprit de toute l'indignité qui mordait son âme. Il fouilla donc des heures durant les registres, ne prêtant même plus attention aux dates.

Les cahiers défilaient, les noms se brouillaient dans le miroir de ses yeux surmenés, à croire que Shain lui avait menti. D'un côté, cette pensée réconforta le fouineur, ainsi mentait-on au prince... c'était une pique intéressante à exploiter. Il s'apprêta à conclure sur la thèse d'une contre-vérité avant d'apercevoir un S entre ses prunelles embuées. Il cilla, se penchant gravement sur le bureau.


Visite du conseiller de la Reine Hélène, Shain Bloze
Lundi 18 mai ******

*Quoi? Il y a 30 ans*

Rire? Rager? S'inquiéter?

Penaudes, ses mains refermèrent le registre. Shain venait de faire un exploit : accroître à la fois curiosité et malaise du prince.

*S'il mentait, s'il n'était pas réellement ce Shain Bloze, qui était-il donc?*
*S'il disait vrai ... *


Sa pensée ne trouve nulle fin.

Ses neurones palabrèrent inconsciemment. Shain, pas Shain... Les minutes s'écoulaient. La nuit se faisait sombre, pleine, engourdissait les royaumes dans ses enivrantes fumées noires. Les ténèbres grouillaient, grappillaient les lueurs tamisées que les chandeliers faisaient valser. Epilogue. Peut-être, pouvait-il juste brûler ce registre. La fatigue pesait sur ses paupières. Dormir. Sa silhouette se redressa, tituba jusque la sortie. La fatigue était-elle qu'il avait l'impression d'être ivre. Ses pieds déambulèrent dans le couloir nuiteux, cherchant sa chambre du regard. Il la regagna plus rapidement qu'à ses attentes, se glissant dans les draps délicieusement tièdes.

Il roula. Le côté droit du lit était si chaud, si confortable. Son front heurta même un coussin qui lui fit vaguement songer à la peau suave de son martyr. Il y pausa une paume; appréciant ce traversin bouillant qui l'attirait dans l'étreinte d'un savoureux sommeil.


Le lendemain

La lumière vint tirailler ses yeux. Il gémit, se plaignit des tremblement dans ses bras endormis. Il avait en horreur cette sensation de fourmi. Prudemment, il délivra le polochon de son câlin nocturne et se redressa.
Ses yeux se décillèrent. Invitation au mal-être. Ce n'était pas sa chambre. Il jeta un regard inquiet vers la droite et découvrit la véritable identité de son oreiller. Il faillit tomber du lit.


"Hum.... bonjour ... Shain"

Il soupira bruyamment... Ne tenta même pas d'expliquer ce qu'il faisait là.

"J'espère que vous avez bien dormi... "

Shiki déglutit, frotta son regard cerné et se tourna vers son souffre-douleur.

"Je tenais à ... disons... m'excuser de mes écarts. Je ne sais honnêtement pas comment me conduire avec vous, Shain. Vous me perturbez. Vous êtes culotté, hardi, presqu'insolent. Inutile de vous offenser, je suis pire."

Inspiration. Le prince vendit ses lèvres au sourire.

"Je suis prêt à vous parler de moi, moins énigmatiquement mais en échange, soyez honnête. Et ne faîtes pas l'innocent, vous savez de quoi je parle."

Il se colla félinement à lui, qui était-il réellement?

"Je suis resté enfermé au palais jusqu'à l'âge de 14 ans. Mon rôle était de recevoir les visiteurs, d'être sage et seul. Ma mère m'a toujours traité avec indifférence, et qu'importait ce que je fasse, rien n'attirait son attention. Ca peut paraître idiot comme détail, mais elle ne m'a jamais effleuré. J'ai eu souvent l'impression de ne pas exister; pourtant, elle me gardait en cage, se délectant du moment où je viendrais l'implorer pour déserter. C'est ce que je fis. Mais la liberté n'est jamais gratuite, n'est-ce pas, Shain? Elle m'a repoussé dans mes derniers retranchements afin que je dise oui à tous ses désirs. Elle m'a demandé d'être un nettoyeur, j'ai dit oui. Vous voulez de la clarté? Elle m'a demandé de tuer, j'ai dit oui. Je fais passer le goût du pain, Shain; je verse le sang des pauvres êtres qu'elle juge nuisibles.
Prenez garde à vous."


Il prononça la dernière phrase sur un ton joueur et vint s'assoir sur les genoux de l'inconnu. A peine avait-il fait ce geste qu'un Kriss se colla contre la gorge du bel homme. Le blond ne retint pas son rictus habituel, resserrant davantage l'emprise de ses hanches.

"Allez-y Shain, c'est à votre tour... Expliquez-moi, vous êtes venu ici il y a trente ans...
J'écoute "

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Shain Bloze



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MessageSujet: Re: Que de l’inattendu ... [pv Shain, YAOI]   Ven 26 Sep - 8:44

Leurs lèvres scellées, dans un souffle. Toute la réalité qui l'entourait semblait s'estomper, disparaître. Ses pensées se figer. Il savoura cet instant doux et soudain, n'osant encore en mesurer les futures conséquences. Le prince ne le repoussait pas, mais il semblait hésitant et le flot de sentiments qui s'écoula à l'intérieur de lui n'était qu'émotions confuses et indéchiffrables. Pourtant, malgré ces hésitations, Shain sentit les mains du prince se glisser sur son dos, remontant doucement pour venir saisir sa nuque. Leur baiser se prolongeant, il aurait voulu ne jamais y mettre fin. Mais sous l'impulsion du prince, leurs lèvres se séparèrent et leurs regards se croisant, le temps repris son court. Tout deux cependant, encore secoué par l'évènement qu'il avait lui-même provoqué.


"Je... je pourrais vous faire torturer pour cela ... "


Et la gêne s'installa, plus vive encore que les temps précédents, lors de tant de flateries ou gestes déplacés. Il savait le prince incertain et en proie à des sentiments confus, au désir. Il sentait encore sur ses lèvres le goût du désir partagé. Shain observait le regard fuyant du jeune homme, ne sachant que répondre. S'excuser encore? Il ne le voulait pas. Son geste était peut-être irréfléchit, presque stupide. Mais, il ne le regrettait pas. Privé de contact, il ne pouvait désormais plus saisir les pensées du prince. Que signifiait le trouble qui rongeait son regard? Mettant fin à l'affrontement des yeux, Shiki rompit leur contact et l'obligea à reprendre sa place.

"Qu'est-ce qu'il vous a pris? Je souffre de me contenir en votre présence, de paraître normal mais vous... vous... "


Shain resta stupéfait, assit sur son siège. Le prince semblait perdu. Il ne s'attendait pas à une réaction aussi violente en émotions de la part de cet homme. Il était jeune bien sur, mais avez l'air si sur de lui, ce n'était qu'une façade, cachant une grande sensibilité. Shain lui-même laissait une grande place à ces émotions et seul sa longue existence lui permettait de masquer ses sentiments. Pourtant, ces longs siècles n'avaient pu totalement taire son impulsivité, ce qui l'avait poussé à ces évènements. Il n'avait cependant pas réalisé tout l'intérêt que le prince lui portait réciproquement.

Les mains crispées sur son siège, le conseillé n'osait répondre, ne voulant aggraver le trouble du prince et son courroux, Il attendait, portant simplement son regard sur un point de la table juste à côté du prince, ce qui lui permettait ainsi soigneusement de pouvoir éviter son regard enflammé de Shiki. Il attendait simplement la fin de son assaut espérant qu'il reprendrait rapidement son calme et cherchant lui-même à apaiser les battement de son coeur, encore affolés par l'émotion.


"Je préfère vous le dire tout de suite, user de vos charmes sur moi n'influencera pas positivement votre mission. Au contraire, un tel comportement ne peut rester impuni. Devrais-je prévenir ma mère de ces débordements? Shain? Ou devrais-je régler cela par moi-même?"

L'influencer? Certes il y avait pensé un court instant. Mais il ne l'aurait jamais embrassé. Il avait déjà séduit. Souvent même, sans pour autant user de moyen aussi peu moraux. Il ne pouvait penser que le prince l'imaginait ainsi. Prêt à tout pour sa politique..

"J'admire votre force, Je n'ai simplement pas réussit à me contenir comme vous l'avez fais. Mais il ne s'agissait aucunement de mission. Mon geste était probablement déplacé mais sachez que ce n'est pas comme ça que j'ai l'habitude de régler mes affaires."

S'en suivit alors une petite démonstration des tours d'illusionniste de son hôte. Se penchant vers lui, le prince déversa le contenu d'une bouteille de vin au dessus de lui, pourtant le liquide n'atteint jamais son objectif. Lorsqu'il touchait une surface, il s'évaporait en papillons noirs. Shain interpréta cet évènement comme une vengeance, un moyen de reprendre le contrôle.
Shiki tendit une main vers la sienne, la saisissant, nouant leurs doigts, ainsi que deux amoureux qui s'évadent et l'entraîna à sa suite. Le comportement du prince était toujours aussi imprévisible et le conseiller, malgré sa longue expérience de la vie et des relations, semblait éprouver quelques difficultés à suivre les humeurs changeantes de son compagnon.


"Rendez-vous plutôt utile et venez m'aider à me changer. "

Le prince ne lui laissait pas le choix, t'entraînant à travers les couloirs, leurs mains toujours liées. Les regards que lui dédiait le prince, les joues légèrement rosées était facilement déchiffrable. Une attirance partagée. Seulement par son comportement, Shain craignait d'avoir encore aggravé le côté imprévisible de son hôte et il n'avait aucune idée de la tournure que les évènements prendrait par la suite.

La situation devenait dangereuse. Arrivé enfin dans la chambre du prince, Shain ne pu s'empêcher de se demander ce qui l'attendait encore. La pièce était à l'image du royaume et à l'image du prince. Emplie de draperies rouges et d'objets sombres. Il sentait l'esprit de son hôte se refléter dans cette pièce baignée par la lumière de fin d'après-midi après que le prince se fut avancé vers les fenêtres pour en ouvrir les battant. Un léger courant d'air vint chatouiller les mèches claires du conseillé pour les abattre devant ses yeux, gênant, par ce mouvement, sa vue. Par habitude, il porta sa main sur son visage pour les remettre en place. Après avoir mit à brûler quelques bâtons d'encens, Shiki se dirigea vers sa garde robe pour en sortir un ensemble noir qu'il lui tendit.


"Pouvez-vous tenir ceci s'il vous plaît? C'est assez compliqué, il y a quelques nœuds à faire à l'arrière afin que cela tienne. Je ne porte pas ça souvent, juste pour les grandes occasions. Et vous êtes pour moi une grande occasion. Regardez de ce côté je vous prie."

Le prince porta ses doigts sur sa joue pour l'obliger à détourner les yeux. Le conseillé s'exécuta et attendit patiemment. Mais lorsqu'il sentit le prince se détourner, il ne put empêcher son regard de revenir se poser sur son dos. Celui-ci venait d'enlever son peignoir et Shain pu observer avec peine les longues cicatrices qui serpentaient sur son dos.
Son regard posé sur lui, il vit le jeune prince faiblir, chanceler légèrement et s'en inquiétas. Mais le prince s'empressa d'enfiler son vêtements et Shain ne fit aucun commentaire, il n'aurait même pas du voir sa faiblesse. Cependant, son empressement le poussa à la distraction et engendra les évènements qui s'en suivirent. Un instant d'inattention et le prince glissa sur son peignoir toujours étendu sur le sol. Voir le mouvement ne lui permit malheureusement pas de l'empêcher. En réalité, tout se passa trop vite pour qu'il réalise. Shiki tombait déjà contre lui et l'entrain ait dans sa chute.


"Veu.... veuillez me pardonner, sincèrement..."

Si proche. Shain n'osait prononcer un mot, troublé et encore abasourdit par cette soudaine proximité, encore. Il sentait son désir monter. Les pulsions qui l'avaient assaillies plus tôt, indomptables, se réveillaient de nouveau, puissantes. Les mêmes sentiments semblaient traverser le coeur du jeune prince, celui-ci toujours tremblant, le souffle court. Il aurait pu s'agir du choc de cette chute soudaine mais alors pourquoi se plaquer ainsi contre lui. Si proche. Shain sentit son souffle caresser sa gorge. Pourquoi tant de retenue? Il semblait en souffrir. En réalité, Shain n'avait pas l'habitude de résister à ses pulsions sexuelles mais le prince lui semblait souffrir à chaque instant de les repousser. La raison lui en échappait et lui même n'osait plus aucun mouvement, craignant de le froisser, l'effrayer. Ou simplement de faire une erreur. Comment se comporter avec lui?

"Shain, vous sentez l'eucalyptus ... c'est délicieux ..."

Shain fut surpris par cette remarque inattendue. Il ne savait vraiment que répondre. Que voulait réellement Shiki? Que cherchait-il par tout ceci? N'était-ce qu'une mise en scène? Cependant, le souvenir des pensées confuses du princes lui intima le contraire.

"Merci..."

Shain accepta agréablement le contact doux des mains du princes dans ses cheveux. Son propre souffle s'accéléra comme les battements de son coeur tandis qu'il ne pouvait détourner les yeux du jeune homme. Mais, il n'était pas au bout de ses peines, son esprit déjà au bord de la rupture chancela encore lorsque le souffle chaud du prince vint caresser sa nuque, le contact de ses lèvres sur sa peau le fit frémir, non seulement poussé par son propre désir mais aussi par le désir du prince révélé furtivement par ce contact léger. Il n'osait le repousser, ni simplement, ce qu'il mourrait d'envie, le toucher, l'embrasser, mais toute raison semblait s'envoler alors que chaque seconde qui passait, l'emplissait de désir et par la même repoussait toutes réflexions au loin. Ne résistant plus, Shain, lui rendit sa caresse en passant ses doigts entre ses mèches éparpillées. De son autre main, il releva son visage, obligeant leurs regards, un court instant, à se croiser et révélant son intention. L'embrasser à nouveau. Mais avant même d'avoir pu agir, il fut stoppé.
Un homme pénétra dans la pièce interpellant le prince. Qui était-il? Il ne pris même pas la peine de se présenter. Se contentant simplement de les importuner. Shain mit un certain temps avant de pouvoir totalement revenir à la réalité. L'homme s'avança pour l'aider à se relever, ignorant par la même occasion, Shiki.


- Monsieur Bloze, c'est cela? Veuillez excuser le prince s'il vous a importuné, il rentre d'un voyage des plus pénibles. Il est rare qu'il s'écroule et tourmente ses invités de la sorte. J'espère que vous n'en prendrez pas rigueur dans votre rapport, ni pour les jours suivants.


Shain observa l'homme qui lui était parfaitement antipathique. Comment osait-il se comporter de la sorte avec le prince, un être royal? Agissant ainsi, il ne faisait que le diminuer, l'insulter. Shain attendît un instant une réplique, une défense du jeune homme mais celui-ci ne fit rien, probablement habitué à ce genre de comportement au vue du regard qu'il lui lançait.

- Ceci n'est pas mon travail, Monsieur Bloze, mais permettez-moi de vous conduire à vos appartements.

Le Général emmena Shain hors de la chambre avant de le guider jusqu'à son logement temporaire. Les couloirs s'écoulaient sous le regard du conseiller tandis qu'il tentait de mémoriser le trajet. Mais c'était peine perdue, il aurait probablement oubliés tout de ces couloir interminables. Alors même que son esprit était encore engourdit par les événements, il tentait de remettre de l'ordre dans ses idées. Mais cela aussi, c'était peut-être peine perdue.

- La Reine ne souhaite pas que son fils connaisse autre chose que la solitude. Lui-même ne supporte pas la compagnie. J'espère que vous ferez court, Monsieur Bloze.

L'homme ne lui laissait pas le temps de répliquer, s'éclipsant simplement, sans plus de cérémonie, sans un salut. Quelle impertinence. Pas étonnant que le prince ressente quelque difficultés avec ses liens sociaux si tous se comportaient ainsi avec lui. De quelle compagnie médiocre aurait-il envie si tous les hommes qui l'entouraient étaient aussi agréable? Shain s'attrista pour le prince, qu'avait-il fait pour avoir une telle mère et pour être traité de la sorte. Il était peut-être prince mais surtout très seul. Cette pensée révoltât son cœur, était-ce de l'affection, ou peut-être même de l'amour qui commençait à poindre dans son cœur? Une chose était sur, tout cela dépassait largement le simple désir. Et il était or de question de Shain respecte les engagements de l'homme.

Shain observa la pièce. Elle était assez richement parée mais sans excès, ce qui lui convenait assez. Il s'installa sur le lit. Vraiment seul pour la première fois depuis son arrivée au château. Il accueilli se répits avec bienfaisance, sa longue marche l'avait épuisé et la fatigue le rattrapait désormais. Un coup d’œil à la fenêtre lui appris que le soleil se couchait. Allongé là, Shain réfléchit quelques instants aux événements particulier de la journée, à ses sentiments naissant. En pensant à Shiki, un sourire s'esquissa sur ses lèvres. Le prince était un être particulier, certain dirait compliqué et beaucoup fuirait certainement cette bizarrerie. Cependant, il n'avait pas envie de le fuir, mais seulement de l'approcher, l'apprivoiser et le garder à ses côtés. Déchiffrer cette lueur si particulière dans son regard. Tout cela aurait pu être assez normal, se terminer en simple amitié, si un désir brûlant, celui de le faire sien ne déchirait pas ses entrailles et son corps tout entier en cette instant, désir qui ne faisait que croître en présence du prince, encore et encore.



Le lendemain


Shain se réveilla doucement, aidé par les doux rayons de soleil qui pointaient le petit matin par la fenêtre. Il mit un instant à se rappeler qu'il n'était plus dans sa chambre de la douce Hélléanie. Cependant, une chose clochait... Shiki, blottit contre lui et profondément endormi. Le conseiller s'interrogea, il se souvenait très bien s'être endormi seul dans cette chambre, qui n'était d’ailleurs pas celle du prince alors que faisait-il là? Il pensa le réveiller un instant mais se ravisa. Il était si doux d'observer ce monarque endormi, qui paraissait aussi doux et aussi fragile que tout homme et femme dans des situations semblable. Un sourire pointa légèrement sur ses lèvres et il ne pu se retenir de caresser les mèches de l'endormi, ce qui le fit remuer légèrement. Le prince se redressa lentement, plissant les yeux pour s'habituer à la lumière matinale.

"Hum.... bonjour ... Shain"

Shain l'observa amusé, il ne semblait lui aussi surpris de se trouver là.

"J'espère que vous avez bien dormi...Je tenais à ... disons... m'excuser de mes écarts. Je ne sais honnêtement pas comment me conduire avec vous, Shain. Vous me perturbez. Vous êtes culotté, hardi, presque insolent. Inutile de vous offenser, je suis pire."

Shain ne pu s'empêcher de sourire, il est vrai qu'il avait fait quelques écart à la bienséance, mais le prince avait répliqué à chaque fois en pire et le voila désormais à le critiquer? Dans son propre lit.

"Est-ce pour me dire cela que vous vous êtes introduit dans mon lit?

Ce n'était pas tellement une question, il était surtout amusé par la situation, et comprenait que c'était principalement la gêne qui l'avait fait réagir de cette façon.

"Je suis prêt à vous parler de moi, moins énigmatiquement mais en échange, soyez honnête. Et ne faîtes pas l'innocent, vous savez de quoi je parle."

Il se colla félinement à lui. Cependant Shain n'était pas sur de comprendre où il voulait en venir. Avait-il deviné son immortalité? Comment?

"Je suis resté enfermé au palais jusqu'à l'âge de 14 ans. Mon rôle était de recevoir les visiteurs, d'être sage et seul. Ma mère m'a toujours traité avec indifférence, et qu'importait ce que je fasse, rien n'attirait son attention. Ça peut paraître idiot comme détail, mais elle ne m'a jamais effleuré. J'ai eu souvent l'impression de ne pas exister; pourtant, elle me gardait en cage, se délectant du moment où je viendrais l'implorer pour déserter. C'est ce que je fis. Mais la liberté n'est jamais gratuite, n'est-ce pas, Shain? Elle m'a repoussé dans mes derniers retranchements afin que je dise oui à tous ses désirs. Elle m'a demandé d'être un nettoyeur, j'ai dit oui. Vous voulez de la clarté? Elle m'a demandé de tuer, j'ai dit oui. Je fais passer le goût du pain, Shain; je verse le sang des pauvres êtres qu'elle juge nuisibles. Prenez garde à vous."

Shain suivit le mouvement rapide du prince, qui venait s’asseoir sur ses genoux pour coller encore une fois son Kriss contre sa gorge. Le conseiller fut moins étonné que la première fois malgré la rapidité du geste. Ce n'était que de la provocation. Mais, malgré tout Shain appréciait assez peu de se faire continuellement menacer de la sorte. Bien que ce ne fussent pas vraiment une menace.

"Allez-y Shain, c'est à votre tour... Expliquez-moi, vous êtes venu ici il y a trente ans... J'écoute "

Cette question le surpris davantage que le couteau plaqué sur sa gorge. Il n'avait pas compté sur tant de curiosité de la part de son hôte et tout cela à cause d'une simple phrase. Attrapant le poignet du prince, il éloigna la lame et le regarda droit dans les yeux.

"J'imagine que je n'ai pas le choix... Ce n'est pas vraiment un secret. Mais, peu le savent. Je suis pas ce que mon apparence suggère... Et j'étais bien là, trente en plus tôt et bien avant encore... J'imagine que vous saisissez."  

« La différence et la peur de l'inconnu effraie, c'est pour ça que je ne le révèle pas. Moi aussi, j'ai parfois peur du regard des autres.
Plus bas et en baissant les yeux, il rajouta faiblement, et du vôtre, à présent."

Resserrant son emprise sur le poignet du prince, il l'obligea à lâcher la lame qui alla s'écraser sans bruit sur le tapis recouvrant le sol au pied du lit. Shiki, le fixait et il ne pouvait que lui rendre ce regard d'incompréhension, de perplexité. Perdu et apeuré d'être ainsi découvert, comme à nu, Il se leva et alla se poster devant la fenêtre, pensif. Il aurait voulu que le prince ne sache pas. Est-ce que ça changerai quelque chose?

"Mais ce n'est pas important. N'est-ce pas? Ça ne change rien?" Dit-il le regard toujours porté vers l'extérieur. Le sombre jardin, quelle ambiance morose, un tel sentiment de mal-être baignait ce lieu en permanence et il en était submergé, l'espace d'une seconde.

Un peu incertain, il osa à nouveau porter son regard vers le prince et ce glissa de nouveau vers le lit. Il se laissa tomber sur les drap pour revenir se coller au plus près de l'objet de son trouble. Ne lui laissant plus le temps de penser, réfléchir.  Il chercha une contenance pour soutenir son esprit, laisser la confiance de nouveau transparaître et faire fléchir le prince.

Shain n'était pas vraiment sur de lui, pas du tout même. L'impact de ses révélations le laissait inquiet? Il craignait que son caractère changeant ne détourne son désir, peut-être au final que leur quelques siècles de différence le troubleraient, qui ne le serait pas ? Mais, lui-même ne pouvait empêcher ce désir de gonfler dans sa poitrine, encore une fois en observant le pince à sa merci. Il caressa son torse doucement, toujours hésitant. Devait-il réprimer une nouvelle fois son désir ? Mais pourquoi? A quoi bon lutter, que risquait-il au fond? Le prince lui-même voulait la même chose, du moins toujours, il l’espérait.

Glissant une main contre sa joue, il approcha son visage et vint déposer ses lèvres sur celles de son hôte. De façon hésitante et douce, cherchant une réponse, une approbation. Il ne voulait plus de ce jeu de politique, de provocation à répétition. Certes, une sorte de jeu de séduction mais qui finissait par le fatiguer. Il avait mené des joutes bien plus ardues qui l'avait rendu fier. Mais ce n'était qu'un jeu, sans importance, sans répercussions fâcheuses. Qu'il gagne ou qu'il perde, ce n'était qu'une aventure de plus. Pourtant, aujourd'hui tout était différent. Pas parce qu'il s'agissait d'un homme, seulement, son cœur le pressait, il était trop impatient, ne pouvant simplement pas attendre que le jeu s’achève, il voulait posséder Shiki, sentir son regard de désir instantanément et il se fichait complètement de tout le reste, de sa mission, sa réputation, même d’Hélène, il le voulait juste.


"Vous m'avait plu dés que j'ai croisé votre regard sur cette place, sans que vous n'ayez dit mot, sans connaître votre identité. Fini de ce jeu, des secrets. Dite moi que ça n'a pas d'importance..."

Un nouveau baiser, ses lèvres chaudes scellées à celles du prince, repoussant sa réponse et profitant simplement de l'instant. Entrouvrant légèrement a bouche, il caressa les lèvres de son partenaire, du bout de la langue, l'invitant à lui en donner plus.
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Que de l’inattendu ... [pv Shain, YAOI]
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