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 Rencontre et faux-semblant [pv Cyn'del]

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Llyr Idriel
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MessageSujet: Rencontre et faux-semblant [pv Cyn'del]   Ven 19 Aoû - 15:50

Les jambes titubantes de fatigue, couteau à manche d'os dans le creux de la main, il s'assit entre les roches escarpée du bord de mer. Excoriées lors de son éprouvante montée, le jeune Seyran sentait les palpitations fiévreuses de ses chevilles mordre frénétiquement sa chair ; pantelant, les épaules vannées, son regard vogua sur le champs de roches qu'il venait de dominer d'une dangereuse ascension. Puis, lorsque ses yeux furent comblés, il s'abandonna quelques instants sur les coussins de pierres indociles, se concentrant sur son dos qui trémulait de plaisir; rien n'était tel que les froides vapeurs des galets. Sur les crevasses rocailleuses de la Mer de Larmes, tout n'était qu'insoupçonnable plaisir maritime.

Le silence naviguait sur les flots morts, et seul le souffle de Llyr rythmait cette mélodie poussive et écumante. Ses cils de soie clignèrent doucement tandis qu'il se relevait pour saisir le cadavre roide et veineux qui gisait devant lui. De ses doigts tremblants, il caressa la carcasse bigarrée, se délecta de la douceur des cannelures incisées, et ramena l'objet courbé sur ses genoux repliés. Sa lyre n'était plus qu'une âme trépassée, assassinée quelques jours avant par la plus honteuse des inadvertances. Un peu étourdi, il effleura les veinures du bois et de ses dents, il écorcha les fils d'araignée dont la mélodieuse gamme de sa lyre était constituée. Il sourit, fasciné, elle était si spéciale… si fascinante… lorsque le corps de cet instrument se voyait briser, les cordes, même intègres, plongeaient avec lui pour ce long sommeil éternel; à jamais, leur son gémirait des silences, amuï comme les soupirs étouffés des malheureux.

D'un geste laconique, il rejeta toutes les cordes à la mer comme unique sépulture avant de recoucher ses paumes sur les courbures de son objet désarticulé. Ressaisissant le manche osseux du couteau, il tailla les bords fragmentés durant de laborieuses secondes où se concentraient calme et précision. Il fit cela sur chaque démembrement jusqu'à atteindre satisfaction; allègre, il exalta les prémisses d'une voix enivrante tandis que celle-ci s'exhaussait pour devenir un timbre liquoreux à faire fondre les âmes. Le bois bariolé s'amollit entre ses doigts déliés, et à sa guise, il put le remodeler, le réparer, le sculpter sous les virtuosités de son chant sulfureux. Il se sentait grisé de lui conférer à nouveau la fragilité d'une vie, et ses lèvres liliales se scellèrent lorsque la lyre, coruscante de reviviscence, irradia ses pupilles sémillantes.

Le corps était là. Et probablement, achèverait-il la suite lorsque l'instrument serait apte à recevoir ses partenaires de vie: les cordes. Il souffla, se pelotonna, laissa son dos épouser encore le lit rocheux; il chercha les portes du sommeil, en solitaire, voilà un an qu'il avait dû apprendre à ne plus partager ses rêves. Il serait le seul à soupirer lors du rabattement de ses cils, jamais plus il n'entendrait la confusion de leurs soupirs, une partie de son cœur s'était à jamais enfuie avec lui. Les effluves de la mer bercèrent doucement les souffrances qu'il n'arrivait plus à rugir, les douleurs avaient fini de brûler et les sanglots qui auraient dû se verser s'étaient complètement desséchés. Un an qu'il n'arrivait plus à crier son désespoir ; 1 an que ses lamentations fanaient dans les limbes de son âme torpide et somnolente. Le monstre enragé qui extorquait l'essence de sa vie était rassasié.

Bruit. Ses yeux s'écarquillèrent dans une folle surprise.

Des pas. Et son corps se redressa, interdit, la respiration haletante.

Quelque chose de menaçant , d'imprévu, s'était approché. Son instinct lui souffla de se reculer, de se planquer, de plonger dans les ténèbres des roches rondes pour ne pas être repéré. Erreur. Son pied serpenta, sa cheville oscilla et ses mains ne suffirent pas à compenser la méprise. Contre les roches dentelées, ses doigts ne purent rien, l'écroulement oppressa tous ses sens, même sa voix qui ne put gémir lorsque ses os se fracassèrent sur les rocailles. Sonné, il s'abattu sur le sable, haletant, hurlant, les poumons trop petits pour lui fournir toute l'air nécessaire. Sa jambe gauche trémulait, vibrait tels des ronronnements suffocants; et dire qu'il fallait partir, partir… Sa concentration défaillait, il devait se guérir, tentait de drainer sa magie; tout en lui palpitait d'angoisse et de douleur. Après plusieurs essais sous d'insupportables tremblements, il arriva à ses fins; il voulut reculer vers la mer mais ses bras fléchirent. Sa vue divagua tandis qu'il apercevait une masse sombre menacer la plage. Le corps affaissé misérablement, il guettait l'intrus sous ses innombrables blessures; jamais il n'arriverait à s'enfuir.
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Cyn'del Kaeith



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MessageSujet: Re: Rencontre et faux-semblant [pv Cyn'del]   Mer 24 Aoû - 22:21

De l'eau, de l'eau à perte de vue..Partout, tout autour, cette immensité stable et aquatique. Pour un habitant de la sylve n'ayant jamais rien connu d'autre que la terre ferme, ce grand inconnu avait quelque chose d’angoissant et d’excitant à la fois. Fini, l'horizon barré de vert et du brun, les yeux de Cyn'del captait une palette de couleur encore jamais vue et qu'il comptait bien graver en lui pour le reste de sa vie. Il se le devait pour lui...et pour Elle. Puisqu'Elle n'aurait plus jamais la chance de visiter les recoins de ce monde fantastique, il le ferait pour deux..Il se l'était promis.
Vision divisée, ailes membraneuses déployées, l'elfe était parti du continent Hybérien pour tenter de rejoindre le suivant, celui d'Agathe et ce, par la voie des airs. Une chance pour lui de disposer d'une telle animorphose. Sans cela, jamais il n'aurait pu rallier le continent des humains, la voie terrestre étant barrée par une force inconnue et les voies maritimes, depuis longtemps délaissées par son peuple à cause de ces épieux rocheux, encerclant la presqu'île, qui les rendait impraticables.
Il n'avait fait qu'une brève escale en Hybéria, une semaine, au plus, juste histoire de se ravitailler et de se renseigner un peu tout en évitant les endroits trop peuplés.
Cyn'del se souvenait fort bien que humains et elfes ne faisait guère bon ménage. Trop de différences, trop d'irrespect envers la nature, trop de brutalité, trop de tout ce qui fait un Homme. Quitte à tisser les liens durables avec d'autres races, mieux vaut éviter, pour le moment, tout contact avec eux. Et puis, il souhaitait se rendre rapidement dans un endroit qu'on lui avait décrit comme 'magique', La Mer des Larmes.
Il s'agissait d'une mer intérieure, située au centre-sud du continent Agathien. Le prince était, bien sûr, parfaitement au courant de cette légende tenace sur la formation de cette étendue d'eau salée..Des larmes versées pour la perte d'un être cher, un lieu sublime avait vu le jour. L'endroit était tout indiqué pour une personne comme lui..Cassée et sèche à l'intérieur.
Peu à peu, l'horizon perdit ses couleurs bleues et blanches, mélange d'abysses et de nuées blafardes, pour laisser place à un nuancier de beige, de brun, et de gris.
Ainsi voyait-il la Terre dans sa forme de palefroi chimérique. Sa vision principale se teintait de note plus ou moins foncée de gris, tandis que les secondaire se concentraient plus les changements de températures que sur les couleurs. Ironie d'un elfe ne voyant plus le vert.
Le voyage aérien touchait déjà à sa fin. Déjà les prémices de la côte intérieur se faisait voir. On amorce une descente, l'altitude diminue, les arbres se rapprochent et grossissent, les oiseaux s’envolent face à ce perturbateur inhabituel. Ce qui n'était au départ qu'une marre, prends des forme d'étang, puis de lac et enfin de mer. Cyn'del soupira doublement. D'une part, il allait pouvoir enfin délier les muscles de ses jambes, ainsi que de reposer ceux de ses ailes mais d'autres part, n'ayant aperçu aucun gibier de son panorama, il allait devoir se contenter de l'herbe présente sur place.

Soudain, un son surprenant, rare..une complainte sans commune mesure s'élève des abords de la plage.
Le prince, ne s'attendant pas à un tel son dans cet endroit reculé, faillit décrocher et perdre les vents ascendants. Il se reprit de justesse et se mit à scruter frénétiquement le rivage, à la cherche une âme vivante. Ce fut peine perdue..Ses visions n'étaient pas aussi perçantes que sous sa forme elfique. Il devait alors se repérer à l’ouïe pour espérer découvrir la personne responsable de ce ravissement auditif.
Nord-ouest, à environs 250m à vol d'oiseau, là-bas se trouvait le soliste inconnu. Pourquoi souhaitait-il à ce point rencontrer cette personne? Alors qu'il ne devait faire escale que pour se remplir l'estomac et contempler la région une première fois, il sentait tout son être sous le joug de cette mélodie.
Encore 200m..150m..Le chant s'est éteins, mais la destination, elle, déjà gravée en lui. 100m..50m..une silhouette floue se détache de cet amas de gris et de bleu. 25m, atterrissage imminent, on redresse la tête, diminue la vitesse, déplie les pattes et pour finir, on se pose en douceur.
L'inconnu était là, étendu sur un rocher à quelques mètres à peine. Il ne devait pas être très âgé, d'après ce qu'il voyait, plus jeune que lui, c'est sûr mais déjà plus un enfant. Que pouvait-il bien faire seul dans un endroit aussi délaissé?
Curieux, Cyn'del s'approcha lentement. Bien qu'il souhaitait ne pas effrayer l'illustre étranger, le bruit de ses sabots sur le sol mi-rocailleux le fit se redresser d'un seul coup.
L'insolite personnage ne possédait ni vêtement, ni linge pour cacher sa nudité, fait assez bizarre de la part d'un humain, d'habitude si friand de soierie, de textile et de tout ce qui pouvait les démarquer les uns des autres, au final. Cela ne choqua pas le moins du monde l'elfe qu'il était,tout au plus, cela l'intriguait encore plus, car si son peuple portait volontiers des habits, ce n'était nullement pour cacher son corps, mais plutôt pour se protéger du froid et des intempéries puisqu'il était dépourvu d'un quelconque moyen de protection naturel.
Après ce contemplement immobile, le prince s'avança encore prudemment mais oublia de prendre de compte une chose: Sous cette forme, il pouvait en effrayer plus d'un. Il est vrai avec ses appendices de serpents et son aspect terrifiant, il y avait de quoi reculer surtout lorsqu'on est pas un habitué du monde animal.
C'est ce qui se produisit, puisque le prétendu humain fit un pas en arrière avant de dégringoler de son rocher, de choir sur le sol dans un bruit peu ragoutant et cassant et de rouler misérablement sur le sable.
Paniqué, le transformé se précipita à la rencontre du blessé. Il était couvert de contusions et d’égratignures mais plus que ces fraiches blessures, ce fut sa maigreur et son teint blême qui le frappa le plus. Depuis combien de temps était-il ici? Déjà, l'elfe l'imaginait comme un naufragé quelconque ou survivant d'une catastrophe de ce genre.
Face au regard effrayé de l'étranger et de sa tentative désespérée de fuite, Cyn'del prit enfin conscience qu'il était sans aucun doute la raison de cette chute. Il entreprit de reprendre sa forme elfique.
L'animal se redressa sur ses deux pattes arrières tandis qu'elle reprenait la forme de jambes. Les sabots se décolorèrent avant de se diviser en cinq, une partie pour chaque doigt de la main. Sa croupe et son dos redevinrent échine humaine tandis que sa tête perdait ses appendices menaçants pour finalement reprendre visage humain. Ses ailes, encore présente jusque là, s'affaissèrent sur elle même avant de disparaitre. De ce cache poitrail de tissus qu'il portait émergea ses vêtements et divers accessoires. Il jeta une rapide coup d’œil en haut, pour vérifier sa chevelure. Elle était blonde( il était donc bien au environs de midi) avec quelques mèches bruns foncés qui s'estomperait avec le temps. Cette vérification faite, il s'accroupit pour se mettre à la hauteur du blessé.



"Désolé..J'ai tendance à oublier que cette forme est effrayante.. Ça va aller?"s'excusa-t-il en farfouillant d'une main la pochette accrochée à l'arrière.


De cette pochette, il sortit un flacon translucide contenant une graine de la taille d'une bille ainsi qu'une coupette d'écorce brun/bordeaux qu'il laissa sur le sol. Il déboucha la fiole avec ses dents avant de faire rouler son contenu sur le sol. De là, il concentra sa magie naturelle dans sa main droite. Celle-ci pris la forme d'une lumière diaphane et céladon d'où partait quelques lianes du même halo s'entourant autour de son avant-bras. Ces plantes mirages quittèrent ensuite son bras pour plonger directement sur la graine qui, au contact de la magie, s'enracina de suite. Il ne fallu pas plus d'une minute pour qu'elle ne germe, croit et fleurit en une magnifique marguerite aux pétales d'une rouge dégradé et d'une dizaines de centimètre. Simultanément, les quelques mèches bruns qui lui restaient s’éclaircirent pour rejoindre la masse blonde et unir les couleurs. Au delà de cette croissance rapide, Cyn'del lui conféra aussi 'une vie'. En effet, celle-ci ouvrit deux grands yeux effarouchés en son centre et utilisa ses deux feuilles, ses 'bras', pour sortir ses racines du sol pour s'en servir de jambes. Le naturaliste lui offrit sa paume où elle monta bien volontiers avant de la placer sur son épaule gauche.


"Qu'est-ce que je peux faire pour toi, Cyn'?"demanda-t-elle en s'étirant


"Comme d'habitude, donne moi un peu de ton cataplasme, ma beauté."Répondit l'elfe en approchant la coupette de la fleur


"Flatteur, va! Tu sais bien que ce n'est pas très élégant.."


La marguerite rougeâtre saisit le récipient entre ses feuilles et y régurgita une matière vert pâle, mi-liquide mi-solide, formant au final, une espèce de pâte fort peu appétissante remplissant presque totalement le contenant. Le prince le récupéra ensuite et gratifia l'étrange plante en lui chatouillant le dessous de son cou, comme on le ferait pour un félin. Puis, il tendit le récipient et son contenu douteux à l'inconnu, le sourire aux lèvres.


"Mets ça sur tes blessures. Cela les aidera à guérir et te soulagera un peu..Tu verras, c'est radical."

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Llyr Idriel
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MessageSujet: Re: Rencontre et faux-semblant [pv Cyn'del]   Sam 27 Aoû - 23:31

Le torse surélevé, cambré sur les piliers défaillants qu'étaient ses coudes; il observait. Tels des liens envidés à leur cible suspecte, ses prunelles perduraient des étoiles figées, embrasées, animées par le geôlier de ses inévitables craintes. L'ombre vaporeuse dont l'hâtive résonnance marquait l'approche, remémorait en lui ses martèlements secs et sépulcrales de cette navrante aurore. L'aube de ses tortures éternelles, l'aube qui lui scarifia à jamais le venin de la rancœur, l'aube où… Silence, dans les sommeils indélébiles, il n'y plus de place pour les doléances des vivants.

Le même son, cette même frénésie tissée par le pourtour des sabots; il savait qu'aucun cavalier de la garde Royal ne viendrait l'arracher de sa mer, mais le souvenir était vorace, suffisamment pour encombrer la lucidité de son esprit. L'espace de quelques instants il s'était oublié lui-même et sa menace, et quand ses pupilles recouvrèrent perception, ce qu'il vit suffit à annihiler son souffle. Ultime soupir et abandon aux spasmes, fascination interdite griffée d'effroi; comme une poupée de cire soumise et immobile, ses iris doucereuses glissaient en prudence sur la bête de velours qui se maintenait devant lui. Son esprit refusait de réagir, mitigé entre ces merveilles qu'inspiraient le quadrupède sous ses ardentes écailles mais terrassé de panique par les serpents mouvants qui parasitaient son cou. Créatures au déhanchement d'une grâce maléfique qui lui fit déglutir le peu de salive qui hydratait encore sa langue. Il cilla, sentait aux coins de yeux les prémices tremblantes des larmes d'impuissance, ces larmes inopinées de résignation que nourrissaient myriades d'émotions violées et répudiées. La créature se cabra, s'éleva avec toute la somptuosité qu'une prestance si rare pouvait dégager… mordu par la soudaineté du mouvement, Llyr déstabilisa ses coudes pour protéger son visage du piétinement. Dos plaqué contre le sable vaporeux, bras croisés sur son minois désorienté, il attendit. Il attendit le laboureur funeste de sa chair, le bourreau de son âme, le foulage qui ferait éclore les pulpes de son sang, pourtant, le silence brisa ses défenses. Il écarta ses os de verre qui obstruaient son regard, avant de s'éprendre une fois de plus de ce qui se déroulait devant ses yeux.

La surprise lui fit porter la main aux lèvres; des sabots prêts au broyage, il ne restait plus rien, juste la fragilité de deux mains. Sous la tendre chaleur du jour, le corps vigoureux s'évanouissait dans une succession déconcertante d'étapes, jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un bipède tel que lui dont le visage dépourvu de serpents semblait tout de suite plus rassurant. Sa peau était un mélange de couleurs crémeuses qui contrastait terriblement avec ses ailes veinées, membraneuses et cirées au bleu de nuit. Mais le clair-obscur s'étiola dans l'élan des deux dédales membraneux, qui frappés mutuellement, disparurent telle une vibration d'un instant. Mais les splendeurs de sa transition ne s'arrêtèrent guère sur l'envol éthéré de ses deux ailes, non, il restait encore ce couvre poitrail qui fondit tel de l'eau limpide sur les courbes de son corps, adoptant en vagues légères la forme d'une tunique, d'un plastron, ou simplement de divers accessoires.

Le jeune Seyran restait littéralement figé, tout s'était passé… si vite… Et voilà qu'après avoir inspecté ses mèches de miel, il s'accroupit, et Llyr pencha la tête, hypnotisé par le bleu céleste qui givrait tant de limpidité dans ces deux mares qu'était son regard. Cela faisait plus d'un an qu'il n'avait plus entrevu aucun visage humain, un an que ses yeux n'avait plus croisé la soie de quelque paupière aguicheuse, un an complètement isolé, privé de tant de choses… Et aujourd'hui, confronté à la fois à sa nouvelle rencontre et sa prestance presque matérialisée, il n'était plus sûr, de savoir quelle attitude devrait-il adopter. Il était si… différent… de ceux rencontrés jadis.


"Désolé..J'ai tendance à oublier que cette forme est effrayante.. Ça va aller?"

Llyr sourit, rassuré d'entendre une voix si amabile raisonner entre les lèvres satinées du nouvel arrivant. Exquise douceur qui suffit à lui faire expirer les derniers résidus de crainte qui sommeillaient encore sur ses artères palpitantes.


Plutôt confiant, il finit par redresser son torse afin de s'assoir correctement, et de dégourdir ses bras palpitants qui lui servaient de piliers depuis sa magistrale chute sur les galets égrugés. Décoiffant ses mèches pour étioler le rideau de sable, il réfléchit consciencieusement à la réponse qu'il devrait fournir au jeune homme de chevelure miel, mais le retour du langage lui paraissait encore terriblement confus. Quelques petits mots trottaient bien dans les reliquaires confinés de son cerveau, mais ces fébriles osselets de phrases étaient encore emplis par les tiédeurs de l'émoi. Ainsi, se contenta-t-il d'affirmer son bien-être de son mièvre sourire, esquisse qui se perdit peu à peu dans la contemplation de l'étranger.

D'une pochette, celui-ci avait extirpé une coupette et une fiole cristalline qui semblait contenir une petite bulle terrestre. Et Llyr les connaissait bien, ces petites perles, fruits du soleil, qui sommeillaient habituellement dans les molles étreintes de la terre; seules, confinées dans le froid de l'obscurité, elles attendaient, patientaient… elles languissaient l'instant où l'or de l'astre se verserait à nouveau sur elles. Cette malheureuse pensée suffit à engourdir sa chair dans de vifs élancements de frissons; il fallait s'y faire, dans l'alchimie de ce monde, tout être avait ses épreuves.

Il déposa ensuite sur le sol son récipient d'ocre rouge, décapita le flacon dans la volée leste d'une morsure et fit plonger le contenu sur la couverture satinée dont se revêtait le sol. L'ombre fuligineuse de ses doigts enténébra la petite bulle, pourtant, l'ombrage ne dura point. Entre les fracassements écumeux des vagues et leur respiration saccadée, il fut dévoré, déchiqueté par les lueurs absinthes et pellucides qui naquirent secrètement de la main droite de l'anonyme; et de cette couronne aussi étincelante qu'un clair de lune, émergèrent des filaments fragiles qui serpentèrent et s'envidèrent autour de la chair tendre de son avant-bras. Llyr en avait les yeux émoustillés et papillotants d'envie; comme il trouvait cette manœuvre magnifique… La nimbe d'étincelle irisait encore lorsque ses dociles fibrilles glissèrent du lit pour se réfugier dans la plus suspecte des bulles. Celle-ci se fendit comme un œuf fiévreux de vie et c'est une fleur aux pétales crayonneux qui s'étendit sur le corps svelte qu'était sa tige.

Avançant son visage de la sublime création, il en profita pour jeter son regard exsangue sur son surprenant géniteur. Il souffla, cilla, écarquilla ses paupières bleuies de fatigue tandis qu'il s' imaginait plonger dans les chaleurs pétries de la folie. En précipitation, il ramena ses prunelles pour enclaver le cœur de la plante dans le blanc des yeux. Elle avait … des paupières… des paupières… et ces paupières s'entrouvrirent pour laisser à Llyr la stupeur d'apercevoir deux pupilles abasourdies et luisantes de leur éveil. Les cils frémissants, il observa, émerveillé, stupéfié, la fleur qui s'anima, qui sortit de terres à l'aide de feuilles utilisées comme deux bras pour enfin monter sur la paume rosée du donneur de vie. Cette passerelle la mena sur l'épaule gauche de son vis-à-vis où elle prit place comme si cette action était la plus commune au monde.


"Qu'est-ce que je peux faire pour toi, Cyn'?"

Llyr n'avait même pas envie de se poser de questions… Alors qu'il pensait maintenir une culture convenable sur la magie, ce jeune homme et sa gracile petite fleur venaient de renverser cruellement les bases branlantes de sa science … Des humains prenant la forme de chevaux, des bras effervescents de lumière, des petites perles germant sans effort, des fleurs ornées de l'éclat d'un regard et dotées de parole… de tout ça, il n'en avait soupçonné aucune existence. Le Royaume de la Grandeur ne lui avait laissé aucune chance d'imaginer de telles choses et ce qu'il découvrait aujourd'hui, ce qu'il vivait en ce moment, lui était aussi puissant que le premier jour où sa peau s'était éprise de l'or sulfureux de la plus seule des étoiles.

"Comme d'habitude, donne moi un peu de ton cataplasme, ma beauté."

Cata … plasme… ?

"Flatteur, va! Tu sais bien que ce n'est pas très élégant.."

Le jeune Seyran observa la chétivité des feuilles qui parvint pourtant à saisir le récipient tanné. Dedans, elle régurgita ce qui semblait être une substance cotonneuse amalgamée de diverses teintes de vert. Lorsqu'elle eut achevé sa tâche, c'est en prudence que le jeune homme s'en saisit après l'avoir remerciée de caresses plutôt taquines pour ensuite tendre la mixture au nudiste de la plage.


"Mets ça sur tes blessures. Cela les aidera à guérir et te soulagera un peu..Tu verras, c'est radical."

Llyr observa la douceur de son sourire et puis, le miel ambré de sa chevelure qui venait de virer à la limpidité d'un jaune de blé. Tout comme lui, le jeune homme semblait posséder une crinière insoumise capable de se revêtir du satiné d'autres pigments. Probablement influencées par ses écoulements de magie, ces nuances subtiles ne faisaient que rehausser les appas intimidant de son allure de sang bleu. Les iris liquoreux plongés dans une profonde concentration, il laissa son regard suinté sur la corolle garance de la création. Immobile de longs instants, il assimilait, s'adaptait, s'épongeait lentement de ces épiques événements vécus au zénith. Pourtant, il finit par dilapider ses rêveries et posa deux paumes sur les nappes sablonneuses qui parurent fondre comme une mousse sous la pression de ses mains. Il traîna ses genoux de sorte à s'avancer un peu plus du magicien des flores, et, tout en saisissant le pot de ses doigts si frêles qu'ils en paraissaient labiles; il pressa son front contre l'épaule libre du secourant. Le visage tassé sur la courbe osseuse, c'est avec désinvolture qu'il suréleva quelque peu son torse décharné d'où saillaient les galbes réguliers de ses côtes pour, avec une frémissante timidité, remonter sa frimousse rosée qu'il affaissa sur la joue du rencontré. Il massa cette peau aussi laiteuse que la sienne dans une douceur gorgée d'ivresse, s'imprégnant dans la furtivité des caresses, de la tiédeur si suave de cet autre vivant. Tout en prudence, il cessa ses mamours – signe de remerciement – et s'écarta de lui. C'est avec cette même fragilité qu'il frôla la tige de la fleurette et qu'il s'éloigna, les grands yeux souriants et la coupe de baume en main.

Il se sentait épuisé, fragile, mais ça, il l'avait toujours été; plus que jamais, lorsque sa Lyre se brisait. En imprégnant ses doigts de la mixture pâteuse, il se demandait combien de temps il devrait attendre pour pouvoir achever l'instrument. Sans lui, sa magie devenait précaire et oscillait à la moindre influence au point qu'il ne puisse plus se guérir lui-même. Il répandit soigneusement l'aromate sur les meurtrissures répugnantes qui grésillaient sur sa peau, l'étalant sur ses jambes, ses bras, partout où l'une des surfaces de sa chair crevait de douleur. Le résultat de l'onguent fut une délivrance insoupçonnée et cette insolite vertu, il la devait à l'envoûteur floral…

Le jeune Seyran quitta doucement le matelas sableux et emporta la coupette avec lui. D'un regard perdu entre la lividité et l'amusement, il se retourna dans la direction des vagues qui se mourraient sur la côte et s'approcha. Lorsque ses pieds commencèrent à sentir une dangereuse humidité, il y stagna et s'accroupi. Affablement, il pencha le récipient vers l'écume qui fleurissait tels des bourgeons dans les coquillages et en empli le pot pour le rincer. Malgré l'envie insidieuse qui lui susurrait de rejoindre l'eau, il prit toujours garde à ce que les flots évasifs n'abondent pas au berceau de ses orteils. Lorsqu'il eut, puissions dire, achevé ce combat périlleux contre le flux, il rebroussa son chemin, se laissa finement tomber devant l'inconnu; et lui tendit précieusement la coupe. Inhalant grandement les effluves marins, il savait qu'il devait user de la parole mais ses mots étouffaient dans les craquelures rutilantes de sa gorge… Les yeux perdus dans ceux de son vis-à-vis, il babilla, balbutia, ne sachant même plus si c'était par la gêne qu'il s'inspirait à soi-même ou par son inaptitude funeste à l'expression. Il finit par piquer un fard, les joues empourprées de honte; ce qui lui arrivait était telle une douloureuse démence dont le dédale de sortie criait à la non fin. Il soupira d'un désespoir aussi communicatif qu'afflictif, sur ses cheveux d'ivoire il passa une main résignée qui vint finalement rejoindre le sol. Sans attendre plus longtemps il vint prendre place aux côtés du voyageur et de son doigts délié, sur le sable il écrivit :
Moi c'est Llyr.



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Cyn'del Kaeith



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MessageSujet: Re: Rencontre et faux-semblant [pv Cyn'del]   Jeu 15 Sep - 20:38

Le prince s’enthousiasmait à chaque seconde face aux diverses expressions faciale qu'employait son vis-à-vis. De la peur à l'émerveillement, de l'émerveillement à l'interrogation. Ce n'était pas grand chose en soi, juste des manifestations-réflexes de sentiments 'humains'. Il avait déjà pu observer les humains avoir ce genre de réactions, pourtant...Ce n'était pas pareil..pas tout à fait. Il ne le connaissait ni d’Ève, ni d'Adam et ne l'aurait sans doute jamais remarqué sans cette mélodie doucereuse d'il y a quelques instants. Pourtant, quelque chose d'exquis lui plaisait, à la fois rafraichissant et étranger, dans ce personnage cassant.
Il était 'vrai'.
Cyn'del a toujours aimé son peuple et ses terres. Ces coutumes, sa langue, ses croyances, il savait au fond de lui que nul autre peuple, nulle autre civilisation ne lui rappellerait son paradis de verdure. Mais il était parti, à la fois dégouté et bouffé par la rancœur, en colère contre ces règles stupides de bienséance et triste..juste triste.
Tout cela avait fini par s'estomper, petit à petit, depuis qu'il avait ressenti son cœur se fracasser misérablement, avant de s'éteindre tout bonnement, ne laissant derrière lui qu'un immense vide, une plaine stérile où plus rien ne pourrait vraisemblablement germer.
On peut comparer ça à une tasse de porcelaine. Elle est pleine, tout va bien, elle incarne un mélange subtiles d'émotions. Elle est vide, tout est mort, sans âme. Maintenant, laissez-là tomber, elle se brise, répandant peu à peu son doux liquide qui ira gorger inutilement le sol.
Elle n'est ni vide, ni pleine, juste cassée, ne laissant derrière elle qu'un panel d'émotions tronquées, parfois sans réel sens.
Ce récipient au funeste sort, c'est un peu ce qui se passe lorsqu'un elfe brise son masque d'indifférence.
Lorsqu'un humain est en colère, il hurle, frappe et tue. Lorsqu'un humain perd un être cher, il déchire ses traits en un rictus de douleur et pleure, un flot incessant de larmes mouille ses joues durant des heures et des heures.
Lorsqu'un elfe haït, est accablé de maux inavouable,..aime à la folie, rien ne filtre au dehors, les faisant souvent passer pour des êtres impassible, froid, indifférent.
Un être de retenue et qui se doit de rester 'digne', plus encore lorsqu'il est destiné à régner.
Était-ce cette sincérité innée qui le faisait sourire ainsi? Ou bien était-il seulement amusé face à la maladresse de l'inconnu?
Cet étrange jeune homme, après quelques instants où il était resté suspendu, assimilant et observant l'intrus, quitta sa position inconfortable.
A quatre pattes, il s'approcha avant de saisir le récipient de sa main incroyablement fluette. Mais alors que l'elfe s'attendait à ce qu'il recule, ce dernier continua son geste et vint se presser contre lui. Cyn'del lança un regard mi-étonné, mi-désemparé à son invocation florale, qui haussa les épaules à son tour. Il ne pouvait..non..Il ne savait comment réagir à cette étreinte.
Sa race n'était pas du genre tactile, encore moins avec les étrangers. Aucun geste était inutile et ce genre de démonstration d'affection ne s'effectuait qu'avec une personne réellement proche. D'ailleurs, la dernière mortelle a avoir été aussi proche de lui physiquement n'était d'autre qu'Elle. Celle qu'il appelait 'Sa femme'.
A cette distance, il ne put que s’effrayer face à cette maigreur plus qu'apparente. Côtes saillantes, membres trop fins, le prince avait l'impression que s'il tentait de se dégager, il le briserait, si bien qu'il resta hiératique jusqu'à la séparation.
Celle-ci ne se fit pas trop attendre, ce qui le soulagea de cette légère gêne qu'il ressentait. Malgré cela et sans trop savoir pourquoi, ce rapprochement et cette chaleur corporelle avait réchauffé un peu ce tas de débris qu'il nommait 'cœur'.
L'apparition florale réagit différemment. En effet, elle s'était mise à pouffer et à rougir lorsque l'anonyme effleura son corps gracile. Il faut dire qu'elle le trouvait plutôt mignon et que, déjà, elle s'imaginait des scènes dégoulinantes de miel et d'eau de rose où ils seraient les deux amoureux que tout oppose.
L'étranger reprit sa position initiale et, la notion de pudeur lui semblant toujours inconnue, il entreprit de recouvrir la moindre de ses plaies avec le baume.
Le naturaliste ne put détacher son regard de ce corps malingre durant toute l'opération. Une certaine perplexité pouvait se lire dans ses traits.
De quel royaume provenait-il? Il n'était ni un elfe, ni un helléanien puisqu'il ne présentait aucune caractéristique inhérente à ces deux races. Il ne restait donc qu'hybérien ou agathien, ces deux ethnies quasiment identique d'un point de vue physique.
D'emblée, il avait écarté la possibilité qu'il puisse venir de Barashiri, le royaume maudit, puisque à sa connaissance, aucun habitant avait survécu à la catastrophe.
Peut-être qu'il avait été abandonné dans cet endroit désert par sa famille, le peuple d'Agathe étant tout à fait capable de le faire. A moins que..
La thèse du naufrage refit surface dans son esprit mais bien vite, elle s'écarta d'elle-même. Quelque chose clochait, les pièces du puzzle ne s'emboitaient pas bien. Il ne pouvait que s'appuyer sur ses connaissance et son imagination pour trouver la réponse. Il lui manquait l'essentiel: des indices.
Ce fut l'écorché qui lui en donna un sans le vouloir. Lorsqu'il eut fini d'apaiser ses meurtrissures, l'inconnu se leva, s'approcha du bord de mer et s'accroupit pour tremper le contenant d'écorce dans l'eau salée.
Cyn'del eut alors le loisir de détailler son dos. Son regard perçant fut attiré par une marque étrange qui tranchait avec le reste de cette peau pâle.
Un symbole curieux, une ancienne blessure au couteau mal soignée. Il fouilla dans ses souvenirs, mais rien ne lui vint en mémoire. Ce fut à force de se tourner le cou, pour voire cette cicatrice sous un autre angle, qu'il finit par reconnaitre cette lettre de l'alphabet universel de Racyne: un 'A' à l'envers.
A...comme Agathe? Il ne se souvenait pas que les habitants de ce royaume s'infligeaient de telle blessure. Plus il avançait vers la vérité et plus celle-ci se drapait d'un voile opaque.
L'adolescent le coupa de sa rêverie lorsqu'il se retourna, revint vers lui et lui rendit son récipient.
Ce fut à cet instant précis, lorsqu'il effleura ses doigts effilés que l'elfe ressentit une espèce de connexion se créer entre eux-deux.
Cela l'étonna tellement qu'il retira sa main précipitamment, manquant de faire tomber l'objet.
C'était..bizarre. Comme si une partie de son âme le reconnaissait et l'acceptait comme son égal, un être d'apparence humaine faisant partie intégrante du cercle de la nature.
De plus en plus, il marchait dans le brouillard. Comment un humain ou un agathien pouvait être un enfant de Shiva, mère de tout ce qui n'est pas artificiel, alors que ces deux races faisaient tout pour s'extirper du cercle?
Ce fut de nouveau l'étrange personnage qui lui donna un élément de réponse lorsqu'il tenta, désespérément de faire entendre sa voix. Luttant avec ses cordes vocales, il n'arriva pas à produire de sons intelligibles et, rouge de honte, stoppa ses vaines tentatives.
Une des ses premières idées lui revint alors. Un enfant sauvage? Abandonné par ses pairs et n'ayant reçu comme éducation que celle de la flore et de la faune? Ce n'était pas impossible mais pourtant cette certitude nouvelle vola en éclat aussi rapidement qu'elle s'était constituée. Lorsque l'anonyme vint à ses côtés et qu'à l'aide d'un de ses doigts il écrivit parfaitement ces quelques mots -dont le dernier sans doute son prénom-, c'était comme si il lui avait fait un croche-pied alors que le prince allait rattraper et toucher du doigt ce graal fuyant.
L'écriture n'était pas un don inné, il devait donc l'avoir apprit de quelqu'un, n'importe qui. Mais si lui avait reçu un quelconque apprentissage, que faire de cette cohésion que son âme ressentait? Était-elle seulement réciproque? Ou bien était-il entrain de délirer? Le naturaliste savait qu'il pouvait faire confiance à son instinct elfique et c'est lui qu'il écouta lorsqu'il dû répondre.



"Enchanté, Llyr. Moi, je m’appelle Cyn'del..Cyn'del Kaeith, je suis un elfe et elle, c'est Margaret..


"Maggie!"


Oui, oui..Ça va..Maggie..Dis-moi, qu'est ce que tu fais dans les parages? Tout seul qui plus est.."


Jamais il n'avait imaginé utiliser le langage elfique pour parler à un humain. Mais cela avait été plus fort que lui. D'ailleurs, Magaret, elle-même surprise, se retourna vivement vers lui lorsqu'elle se rendit compte de ce détail. Son maitre savait pourtant parfaitement que cette langue, utilisée pour s'adresser exclusivement aux autres elfes ainsi qu'aux créatures florales et animales, était incompréhensible pour les humains. Ce qu'elle savait, elle le tenait de lui. Les elfes avaient créé cette langue mi-construite, mi-chantée, à l'écriture complexe et à l'alphabet propre, il y a de cela des centaines et des centaines de générations. Elle permettait d'insuffler une pointe de magie aux mots et ainsi de se faire comprendre directement d'âme à âme, tandis que le langage universel faisait intervenir une grande part de réflexion et d'instruction. Ainsi, seuls les membres du 'Cercle', les enfants de Shiva étaient en mesure de la comprendre instinctivement.
La compréhension de l'elfique était inné, son écriture et sa grammaire, instruite. Ainsi, il n'était pas impossible que d'autres races anthropomorphes soient initiées à son apprentissage, un peu comme on étudierait une langue étrangère mais les elfes maitrisant le langage universel et étant également assez conservateurs, seuls quelques rares érudits, triés sur le volet, avaient eu accès aux prémices de cet idiome.
Mais cette histoire appartenait au passé, puisque aucun peuple n'avait osé reprendre contact avec les elfes, ils continuaient leur évolution seuls..Seuls dans un monde créé pour être le garant d'échange avec les autres races.

Soudain, un craquement presque inaudible parvint à ses oreilles d'elfe. Un bruit sourd, un bruit de branches écartées contre leur volonté première sur lequel il reporta toute son attention. Amis, ennemis? Animal sauvage ou Agathien? Étrangement, Cyn'del était incapable de déterminer celui ou ceux qui maltraitait les rameaux de ce bosquet d'arbre côtier. Le regard perdu dans le vague, il ne pouvait que se concentrer en vain sur son environnement.
Quoique ce fut, hostile ou non, cela se rapprochait de plus en plus d'eux, de plus en plus rapidement, de plus en plus bruyamment. Sur cette plage, ils étaient totalement exposés au danger, si bien que sans la moindre hésitation et sans même une explication, le prince saisit le bras de cette nouvelle connaissance et l'entraina à couvert, à l'ombre du brise lames naturel.
Se cacher..passer inaperçu..simultanément à ce désir inexprimé, sa peau se teinta de couleurs plus sombres pour finalement coïncider avec la nuance gris sombre de la pierre, tentant d'entrainer dans sa chute ses cheveux qui refusèrent et se stabilisèrent à la teinte miel. L'heure n'était pas au retour du brun/noir.
Le bras plaqué sur le torse de Llyr, pour le maintenir assis et à l'abri, il ne parvenait toujours pas à déterminer ce qui approchait. Soit parce que le bruit des vagues couvraient totalement celui de leur pas, soit parce que l’ennemi potentiel était totalement fait de bois. La deuxième solution lui étant hautement improbable, il allait devoir vérifier l'éventuelle menace de ses propres yeux. Il décolla son dos de la parois avant de se placer en face de l’adolescent pleins de mystères. Quitte à s'exposer au danger, ne pas le laisser sans défense. C'est dans cet optique qu'il lui confia sa précieuse dague elfique ainsi que cette chère Margaret, qui dans un premier temps, protesta énergiquement avant de trouver plutôt avantageux ce changement d'épaule et de finalement se blottir contre le cou de son coup de coeur du jour.



"Prend-ça, je vais voir ce qui se passe là-bas. Si ça tourne mal, enfuis-toi!"murmura-t-il à l'intéressé


N'attendant pas vraiment de réponse, l'elfe se releva, décrocha son arc de son dos et prépara une flèche. S'avançant à la lisière de la plage, il était prêt à tirer. La chose inconnue était maintenant à l'orée du petit bois, pourtant, même s'il distinguait des mouvements dans les branchages, rien d'étranger ne se détachait. Devenait-il fou?
Bouche bée, il tomba des nues lorsqu'il les aperçu...ces..choses comme il n'en avait jamais vus. Il y en avait deux qui plus est..De l'extérieur, ils avaient l'apparence banale d'arbres morts et décharnés mais en y regardant de plus près, plusieurs de leurs branches avaient un angle étrange, les faisant ressembler à des bras et deux trous rougeoyant dans leur tronc semblaient leur servir d'yeux.
Il baissa son arme. Que pouvait-il faire face à des frères arbres? Il ne pouvait décemment pas s'attaquer à eux!
D'un autre côté, s'ils se montraient hostiles, Cyn'del serait amené à les affronter pour protéger ses deux compagnons.
Déchiré face à ce choix difficile et par aberrance de ces arbres mouvants, il resta pantois face à l'attaque d'un des deux être qui s'approcha et usa d'un de ses membres comme d'un fouet pour le repousser. Le prince fut projeté près de l'eau. La soudaineté de ce choc, lui fit reprendre ses esprits. Son arme toujours de ses mains, il avait fait son choix. Même si la Grande Déesse elle-même devait le maudire, tant pis.
Sans plus attendre, il décocha une flèche, suivit d'une deuxième puis d'une troisième. Rien n'y faisait, elles allaient se ficher dans le bois sans même occasionner le moindre dégât.
Il devait faire appel à la magie, mais quoi? Que faire face à ces créatures hors du cycle?
Un arbre ou toute autre créature vivante nait, vit, meurt puis pourrit et retourne à la terre qu'il fertilisera à son tour. C'est un cycle immuable, le Cercle de la Nature et il faut parfois le rappeler à certaines races, trop orgueilleuses pour croire qu'elles peuvent transgresser le divin.
Une idée germa dans son esprit. Il devait les ramener dans le cercle et pour ça, rien de plus efficace qu'un petit cocktail de son crû.
Le temps n'étant plus à la réflexion, il sorti une fiole ronde et opaque de sa besace, l'ouvrit avec les dents, et rependit son contenu- une poudre dorée- sur la pointe d'une de ses flèches.
Il concentra sa magie, les lianes translucides refirent leurs apparitions, remontèrent tout le bras, puis le quittèrent pour s'enrouler autour de l'arc et de la flèche.
Le prince tira une nouvelle fois. La flèche siffla en fendant l'air et vint se ficher entre les deux yeux d'une de ces créatures de bois qui s'approchaient dangereusement.
Une tache verte fit son apparition, puis une deuxième et rapidement, elle en fut totalement recouverte, recouverte de mousse à croissance accélérée par magie. Désemparé, l'arbre mouvant tenta de les arracher, de se débattre mais ce tapis épais n'était que la première étape sur l'échelle de la décomposition.
Tout aussi rapidement qu'était apparue la mousse -base de cet écosystème- de nombreuses espèces de champignons germèrent, encore et encore jusqu'à totalement pourrir l'écorce et le bois de l'être malin. Celui-ci finit par s'effondrer dans gargouillis étrange. Ce ne fut que lorsqu'il fut bel et bien mort que les plantes parasites cessèrent leur croissance anarchique.
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